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LES DAMNÉS DE TERRA
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Liv


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MessagePosté le: Jeu 20 Sep - 20:09 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

 
      Voilà ce qui nous attend quand on débarque en terrain conquis ! Un accueil pas du tout hospitalier . Sad

    Pour l'instant les indigènes ne se montrent pas .

    Sont-ils invisibles ou vivent-ils cachés sous terre, dans l'air ?
  
    Voici Allan adopté par le grylle . J'espère qu'ils vont faire bon ménage .
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Emile Zola


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MessagePosté le: Jeu 20 Sep - 20:09 (2012)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 21 Sep - 21:47 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

  
Allan s’était replié vers l’appareil alors que le siriusien continuait d’arracher du coltan à la pyramide en psalmodiant toujours… « Nous sommes riches… Nous sommes riches ». Il avait senti le grylle escalader sa jambe et tenter de se réfugier dans sa combinaison. La créature était épouvantée. Etrange animal qui venait de quitter son maître en difficulté. Animal… Etait-ce bien le mot qui convenait pour définir cet être ? 
  
Une hallucinante clarté céleste puis une série d’éclairs avait jailli de nulle part pour venir frapper le siriusien qui s’était écroulé, foudroyé sur son amas de précieux minerais. Les yeux exorbités, son corps encore fumant avait été agité de nombreux soubresauts avant de se recroqueviller, totalement calciné. 
  
Allan reculait à pas comptés, le fulgurant pointé… Rien, aucun adversaire n’était visible ni détectable lorsqu’une émission mentale était venue s’imprimer dans son esprit. 
  
- Vous menacez nos vies, vous n’êtes pas les bienvenus sur cette terre ! 
  
Dos plaqué contre une chenillette, les armes à la main, son détecteur de présence de vie scannait centimètre par centimètre les alentours du relief. 
  
Rien ! Il ne détectait aucune trace de civilisation ni même d’humanité. 
  
La voix d’Astrée avait résonné dans cette atmosphère ouatée à l’oxygène raréfiée. 
  
- Pourquoi… Mais que se passe-t-il ? 
  
C’est alors que la sonorité qui était déjà venue s’imprimer dans leur tête s’était à nouveau manifestée. 
  
- Ne menacez pas mon équilibre et je respecterai vos vies ! 
Vous avez pillé, déséquilibré des écosystèmes, détruit la biodiversité de chacune des planètes que vous avez occupées, vous êtes des nuisibles mais je n’aime pas tuer, même mes ennemis. 
  
- Mais… Mais qui êtes vous, avait bredouillé le haut parleur du rover-lunaire. 
  
- Je suis toutes les vies de cette terre, la fougère, le plancton végétal, le coltan minéral, la bactérie primitive, l’atmosphère qui m’entoure, mes vies sont multiples et forment un tout, je suis la planète, je suis la Lune Bleue ! 
  
Le couple d’explorateurs était tétanisé. Tous deux avaient du mal à comprendre que la planète vivait d’une vie multiple. Prendre du coltan correspondait à l’amputer d’un de ses membres. 
  
- Que le Grand Inconnu me distorde ! S’était écrié Allan en se tenant la tête, cette entité nous fouille le cerveau jusqu’à nos pensées les plus cachées ! 
Le grylle avait trouvé sa place sous son aisselle gauche et envoyait un torrent d’alertes, « Ne pas toucher à la pyramide de coltan » ! 
  
- Je communique par l’intermédiaire de votre grylle récepteur, avait repris la voix venue de nulle part. 
Remerciez-le de connaître votre mode de communication, sans lui, je serais dans l’obligation de vous éradiquer vous et votre équipement spatial. 
Vous existez, reconnaissez mon existence, disparaissez de ma surface et ne touchez plus à la moindre de mes vies. 
  
Dans l’habitacle de l’appareil la main d’Astrée avait cherché celle d’Allan, ils éprouvaient un malaise mental des plus traumatisants. 
  
-Tous ceux qui ont tenté de prendre l’une de mes vies m’ont forcée à les tuer. A votre grylle je dis… 
  
Finalement, la Lune Bleue ne demandait que le respect et le droit à une existence paisible, une existence différente de la nôtre, certes, mais émotionnellement sensible. Toutes les planètes foulées par les conquérants de l’espace avaient-elles, elles aussi une telle conscience ?
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MessagePosté le: Sam 22 Sep - 17:53 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Voici la Lune Bleue habitée par une entité empreinte d’une certaine philosophie de vie qui nous rappelle que science sans conscience n'est que ruines de l'âme.
Alors à défaut de laisser durablement l’empreinte de leurs pas et de planter le drapeau cocorico, il n’y a plus qu’à rejoindre Pharos, repartir vers d’autres cieux plus cléments.
Moteur !

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Liv


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MessagePosté le: Dim 23 Sep - 10:54 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

    
       La lune bleue n'est pas très accueillante Sad et ne cherche pas à sympathiser , à coopérer avec les étrangers .
       Elle ne cherche pas le dialogue , ses manières sont plutôt expéditives . Elle ne fait pas de quartier ; Elle doit être mal lunée ! Very Happy

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MessagePosté le: Lun 24 Sep - 20:08 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Finalement, la Lune Bleue ne demandait que le respect et le droit à une existence paisible, une existence différente de la nôtre, certes, mais émotionnellement sensible. Toutes les planètes foulées par les conquérants de l’espace avaient-elles, elles aussi une telle conscience ?
 
- A votre grylle je dis de vous mettre en garde, je vais vous sonder au plus profond de votre âme, si vous avez de mauvaises pensées à mon égard, je vous détruirai !
 
Dans la cabine du Rover-lunaire, Astrée avait levé la visière de son casque, son visage grave, cadavérique, faisait ressortir ses taches de rousseur de blonde vénitienne. Elle avait tourné la tête vers son compagnon, l’air résolu.
 
Allan était désorienté mais pas au point d’en oublier de passer la main sous son siège ergonomoulant et de se saisir d’un bidon étiqueté « Liquide médicinal ».
Il n’avait pas eu la courtoisie de le proposer d’abord à son équipière, il avait longuement bu au goulot avant de le lui tendre.
Il y a des moments où le corps réclame une aide, un réconfort liquide alcoolisé.
 
Il s’était emparé des commandes et avait lancé le moteur à fond, le grylle, silencieusement et tremblotant, s’était blotti sous son aisselle, il semblait se reposer ou se cacher.
Allan conduisait mécaniquement en direction du campement, il avait perdu tout son bon sens mais pour être franc, les aventuriers prospecteurs-navigants comme lui n’avaient jamais eu de bon sens sinon ils seraient restés bien tranquillement sur Kepler 11 ou sur cette vieille Terre abandonnée, polluée, dévastée, du système solaire.
 
Le robot pilote du véhicule lui avait conseillé de passer entre le cratère sud et la ravine sud-ouest. Les explorateurs ne faisaient pas de tourisme, ils n’avaient pas le temps de chercher un parcours plus fiable, il fallait faire au plus court. Pressés de se réfugier au campement, ils fonçaient sur ce sol rocailleux parsemé d’impacts creusés par des météorites et autres débris venus de l’espace.
Astrée avait frissonné, la lune les avait épargnés… Une chance, pensa-t-elle, mais la chance est une garce qu’il ne faut pas solliciter trop souvent.
 
Arrivé au sommet d’une éminence déchiquetée par les impacts extraterrestres, ils avaient pu observer, au loin, le camp installé par Pharos de Gli.
 
- Là ! S’exclama Astrée.
- Juste derrière le monticule Ouest, un nuage de poussière !
- Qu’est ce que c’est, demanda-t-elle ?
- Comment le saurais-je ? Un mirage, pensa Allan, sauf qu’il n’y a pas de nuage sur la Lune Bleue et encore moins de mirage.
 
Au goulot il but une nouvelle rasade du « liquide médicinal » avant de le tendre à sa voisine qui n’avait jamais refusé une ou deux gorgées d’une boisson revigorante.
Le grylle avait rompu le charme réconfortant de l’alcool et avait murmuré comme pour un avertissement.
 
Durant ce temps, le robot-pilote automatique avait dirigé l’appareil en direction de l’objet inconnu.
Derneb, l’astre solaire était aveuglant malgré les vitres multifiltrantes du Rover-lunaire. La piste était cahotante et incertaine dans cette poussière volcanique
 
C’est alors qu’ils avaient aperçu un… Un quoi ?
Mais oui ! C’était un spationef et de grande taille en plus.
 
 

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MessagePosté le: Mar 25 Sep - 13:58 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

    La bonne descente d'Allan n'a pas l'air de convenir au grylle . Il y a du brouillage sur la ligne quand elle est trop arrosée .  Wink

   Un spationef , ami ou ennemi ? Peut-être le samu de l'espace ?

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MessagePosté le: Mar 25 Sep - 17:57 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

D’exploits héroïques en prouesses technologiques, les aventures d’Allan nous tiennent en haleine.

Mais chaque chose en son temps et un temps pour chaque chose Après l’effort, le réconfort… il est temps de se pencher sur l’équipement technoenologique de l’engin. Au fil des descriptions, il apparaît que Rover-lunaire n’est pas une limousine. Cabine exigue certes mais néanmoins confortable, siège à ligne ergonomique où ça tombe à pic Very Happy, se trouve le précieux et bien-nommé liquide médicinal, la potion magique qui rend euphorique, l’élixir Blue Moon le remontant idéal afin de jouer les prolongations de prouesses… hippiques et ô combien romantiques.

Tout au long, ce récit extraordinaire a réussi à retenir notre souffle, va-t-il tenir jusqu’au bout ses promesses…

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MessagePosté le: Mer 26 Sep - 21:19 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

C’est alors que la sonorité qui était déjà venue s’imprimer dans leur tête s’était à nouveau manifestée. 
  
- Ne menacez pas mon équilibre et je respecterai vos vies ! 
Vous avez pillé, déséquilibré des écosystèmes, détruit la biodiversité de chacune des planètes que vous avez occupées, vous êtes des nuisibles mais je n’aime pas tuer, même mes ennemis. 
  
- Mais… Mais qui êtes vous, avait bredouillé le haut parleur du rover-lunaire. 
  
- Je suis toutes les vies de cette terre, la fougère, le plancton végétal, le coltan minéral, la bactérie primitive, l’atmosphère qui m’entoure, mes vies sont multiples et forment un tout, je suis la planète, je suis la Lune Bleue ! 
  
Le couple d’explorateurs était tétanisé. Tous deux avaient du mal à comprendre que la planète vivait d’une vie multiple. Prendre du coltan correspondait à l’amputer d’un de ses membres. 
  
- Que le Grand Inconnu me distorde ! S’était écrié Allan en se tenant la tête, cette entité nous fouille le cerveau jusqu’à nos pensées les plus cachées ! 
Le grylle avait trouvé sa place sous son aisselle gauche et envoyait un torrent d’alertes, « Ne pas toucher à la pyramide de coltan » ! 
  
- Je communique par l’intermédiaire de votre grylle récepteur, avait repris la voix venue de nulle part. 
Remerciez-le de connaître votre mode de communication, sans lui, je serais dans l’obligation de vous éradiquer vous et votre équipement spatial. 
Vous existez, reconnaissez mon existence, disparaissez de ma surface et ne touchez plus à la moindre de mes vies. 
  
Dans l’habitacle de l’appareil la main d’Astrée avait cherché celle d’Allan, ils éprouvaient un malaise mental des plus traumatisants. 
  
-Tous ceux qui ont tenté de prendre l’une de mes vies m’ont forcée à les tuer. A votre grylle je dis… 
  
Finalement, la Lune Bleue ne demandait que le respect et le droit à une existence paisible, une existence différente de la nôtre, certes, mais émotionnellement sensible. Toutes les planètes foulées par les conquérants de l’espace avaient-elles, elles aussi une semblable conscience ? 
  
- A votre grylle je dis de vous mettre en garde, je vais vous sonder au plus profond de votre âme, si vous avez de mauvaises pensées à mon égard, je vous détruirai ! 
  
Dans la cabine du Rover-lunaire, Astrée avait levé la visière de son casque, son visage grave, cadavérique, faisait ressortir ses taches de rousseur de blonde vénitienne. Elle avait tourné la tête vers son compagnon, l’air résolu. 
  
Allan était désorienté mais pas au point d’en oublier de passer la main sous son siège ergonomoulant et de se saisir d’un bidon étiqueté « Liquide médicinal ». 
Il n’avait pas eu la courtoisie de le proposer d’abord à son équipière, il avait longuement bu au goulot avant de le lui tendre. 
Il y a des moments où le corps réclame une aide, un réconfort liquide fort. 
  
Il s’était emparé des commandes et avait lancé le moteur à fond, le grylle, silencieusement et tremblotant, s’était blotti sous son aisselle, il semblait se reposer ou se cacher. 
Allan conduisait mécaniquement en direction du campement, il avait perdu tout son bon sens mais pour être franc, les aventuriers prospecteurs-navigants comme lui n’avaient jamais eu de bon sens sinon ils seraient restés bien tranquillement sur Kepler 11 ou sur cette vieille Terra Mater abandonnée, polluée, dévastée, du système solaire. 
  
Le robot pilote du véhicule lui avait conseillé de passer entre le cratère sud et la ravine sud-ouest. Les explorateurs ne faisaient pas de tourisme, ils n’avaient pas le temps de chercher un parcours plus fiable, il fallait faire au plus court. Pressés de se réfugier au campement, ils fonçaient sur ce sol rocailleux parsemé d’impacts creusés par des météorites et autres débris venus de l’espace. 
Astrée avait frissonné, la lune les avait épargnés… Une chance, pensa-t-elle, mais la chance est une garce qu’il ne faut pas solliciter trop souvent. 
  
Arrivé au sommet d’une éminence déchiquetée par les impacts extraterrestres, ils avaient pu observer, au loin, le camp installé par Pharos de Gli. 
  
- Là ! S’exclama Astrée. 
- Juste derrière le monticule Ouest, un nuage de poussière ! 
- Qu’est ce que c’est, demanda-t-elle ? 
- Comment le saurais-je ? Un mirage, pensa Allan, sauf qu’il n’y a pas de nuage sur la Lune Bleue et encore moins de mirage. 
  
Au goulot il but une nouvelle rasade du « liquide médicinal » avant de le tendre à sa voisine qui n’avait jamais refusé une ou deux lampées d’une boisson revigorante. 
Le grylle avait rompu le charme réconfortant de l’alcool et avait murmuré comme un avertissement. 
  
Durant ce temps, le robot-pilote automatique avait dirigé l’appareil en direction de l’objet inconnu. 
Deneb, l’astre solaire était aveuglant malgré les vitres multifiltrantes du Rover-lunaire. La piste était cahotante et incertaine dans cette poussière volcanique. 
  
C’est alors qu’ils avaient aperçu un… Un quoi ? 
Mais oui ! C’était un spationef et de belle taille en plus. 
  
D’une blancheur immaculée il avait les caractéristiques typiques des vaisseaux conçus à une époque lointaine sur les planètes orbitales de Sirius B la naine blanche. L’engin datait probablement de la période héroïque de la conquête spatiale débutée vers l’année 2047 du temps universel. 
Il était là, posé sur ses six pattes d’atterrissage, telle une gigantesque mygale anesthésiée. 
  
D’une voix un peu saccadée, l’ordinateur de bord de l’half-track avait annoncé : 
  
- Présence d’un vaisseau mère « Po-Tolo » de type Tétra transpersonnel. Cet engin peut rivaliser avec n’importe quel cargo contrebandier. Chasseur transporteur redoutable, les droits de fabrication ont été rachetés en 2054 à la fin de la guerre intergalactique. Danger ! Les réservoirs de trinitramide nucléique ne sont pas neutralisés. 
  
Après avoir jeté un regard à sa compagne, Allan avait lu dans ses yeux que c’était encore à son tour de sortir en exploration. 
Une nouvelle fois il avait dû fouler la poussière de cette lune inhospitalière en direction du spationef immobilisé. Restant silencieux au creux de son aisselle, le grylle qui semblait poursuivre sa sieste ne présentait aucune agitation. 
  
Il y avait là, sur le sol des objets épars et des corps déformés, à la peau parcheminée de momies déshydratées par la sécheresse qui sévissait dans cette zone. Ici et là un membre, une tête, émergeait de la poussière volcanique, les rayons de Deneb jouaient sur leurs casques réflecteurs. 
De sa moon-boot, Allan avait retourné les cadavres qui gisaient face contre terre. 
Ils avaient un bon mètre quatre-vingt dix, une mâchoire prognathe édentée, des yeux vitreux et leur crâne pelé indiquait à n’en pas douter qu’il s’agissait bien d’un équipage de siriusiens. 
  
La voix inquiète d’Astrée s’était fait entendre dans son casque. 
  
- Ne les touche pas, laisse-les dans l’exacte position où ils sont, c’est la Lune qui les a châtiés. 
  
Elle avait raison, d’ailleurs, le spectacle faisait froid dans le dos. 
  
- Pauvres bougres avait-il bredouillé entre ses dents en guise d’oraison funèbre puis il était retourné vers le véhicule lunaire. 
  
Les siriusiens étaient connus comme de parfaits pilleurs de planètes par contre, là, sur cette terre de désolation hostile, leur cupidité avait immédiatement été mise en échec par le maître des lieux. 
Aux commandes, Astrée avait repris la direction du campement des gliésiens, il fallait prévenir l’équipe des dangers rencontrés et de l’éventuelle possibilité de remettre en état un vaisseau spatial abandonné. 
Durant le trajet, dans une semi-somnolence Allan avait capté un message de son grylle composé de trois mots principaux. 
  
- Prudence…Danger… Piège… 

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Dernière édition par Nobody le Ven 28 Sep - 18:32 (2012); édité 2 fois
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MessagePosté le: Ven 28 Sep - 11:27 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Moon-boot Very Happy

Siriusiens cupides, pilleurs, torpilleurs… sous ce sombre tableau, qui eût cru que leurs traits étaient là-peints ! Rolling Eyes
A présent, de quel côté le danger va-t-il surgir ? Allan n’aurait-il pas tout intérêt à écouter son grylle... Quel suspense !

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MessagePosté le: Ven 28 Sep - 14:02 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

      Fouler le sol de la lune , même chaussé de moon-boot , c'est à vous donner des peurs bleues .

   
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MessagePosté le: Ven 28 Sep - 14:21 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

C'est bien, vous lisez les détails, même vestimentaires. 
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MessagePosté le: Ven 28 Sep - 22:00 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

  
Ils avançaient rapidement dans un corridor minéral évitant ça et là de petits cratères et les nombreuses concrétions qui hérissaient le sol. 
Danger ? Pourquoi donc, avait-il songé. Ce grylle devenait stupide, il n’y avait rien sur cette planète pouvant tendre un piège en dehors de la Lune Bleue elle-même et si cela était, la mort les aurait déjà frappés. 
Mais pourquoi diable les grylles s’attachaient-ils à un être humain comme le faisaient autrefois les chiens de la Terra Mater ? 
Bof… De toute façon, le campement n’était plus qu’à cinq cent mètréquateurs selon les instruments de bord. 
  
Soudainement le crâne d’Allan avait failli imploser sous un message impérieux du grylle : 
-Bouclier !… Mettre le bouclier ! 
  
Un éclair de feu meurtrier avait immédiatement aveuglé les occupants du rover-lunaire puis un violent choc avait suivi. 
Allan avait à peine eu le temps d’activer le bouclier thermique qu’un missile perforant s’y était heurté et avait couché le véhicule sur le sol. 
  
- Vite dehors ! Avait-il hurlé. 
Trainant Astrée par sa combinaison, sans ménagement il lui avait plaqué son masque respiratoire sur son visage aux yeux terrifiés avant de clipser son casque à sa combinaison spatiale. 
  
Un instant plus tard, le couple s’était retrouvé là, adossé contre une stalagmite. Sains et saufs, sonnés, ils avaient instinctivement réussi à ramper et à s’extirper hors du sas avant qu’un second projectile ait totalement détruit leur véhicule. 
  
- Que se passe-t-il avait demandé la jeune femme, hébétée ? 
La peur faisait palpiter sa généreuse poitrine et saillir ses tétons au travers de sa combinaison moulante. 
- Je crois que les gliésiens ont décidé de faire sécession, avait-il rétorqué laconiquement sans attacher la moindre importance au corps sensuel de sa compagne. 
  
Déchenillé, mécanique tordue, circuits électroniques fondus, le rover-lunaire était inutilisable. Une épaisse fumée s’en échappait et une âcre odeur de mort était perceptible au travers des casques filtrants des deux naufragés. 
  
Ils étaient muets de stupeur, tétanisés, sans aucun moyen de transport, incapables de trouver un plan d’action pour se sortir de cette situation. 
Appuyés l’un contre l’autre, tête contre tête, ensemble ils avaient levé les yeux vers les étoiles et fouillé la voix lactée… C’était là, quelque part dans cet amas de lucioles galactiques que leur race était originaire, quelque part autour de cette étoile que l’on appelait… Comment déjà ? 
A oui, le Soleil. 
  
A cet instant, ils avaient fermé les yeux et s’étaient résignés au grand voyage. 
  
- Marchez ! Avait ordonné la voix… La voix du grylle. 
- Marchez et prenez possession de l’astronef siriusien. 
  
La nuit tombait, pourtant, comme des automates, ils s’étaient levés de la stalagmite. Il faisait frais mais le régulateur thermique de leur combinaison maintenait une température acceptable. 
  
- Nous allons retourner dans les traces de l’half-track jusqu’au vaisseau siriusien, avait dit Allan, mais il va falloir se charger de capsules d’oxygène concentré, de plaquettes énergisantes et de bonbonnes d’eau. 
  
Astrée secoua la tête l’air découragé. 
- Il y a au bas mot 80 à 90 kilomètréquateurs à parcourir à pied, en combinaison spatiale, dis-moi franchement, quelles sont nos chances ? 
  
- Hum… A ma connaissance personne n’a jamais réussi à parcourir une telle distance sur une exoplanète classique mais ici, sur la Lune Bleue, la pesanteur est moindre, nos pas sont plus légers, nous réussirons. 
  
Ils avaient programmé le clavier de commande, sur leur bras gauche, pour une consommation énergétique minimale de leurs équipements personnels. 
  
Le visage livide, Astrée avait bredouillé : 
  
- A présent, seul le Grand Inconnu peut nous sauver… 
- Désolé, avait répondu Allan, c’est moi qui t’ai entraîné dans cette aventure foireuse. 
- Tu parles ! J’y ai sauté seule à pieds joints, pour moi c’était la misère de Kepler ou la chance de mettre la main sur une fortune. Et puis, peut-être que de partager la vie d’un prospecteur-navigant m’a fascinée ? Embrasse-moi, Al ! 
  
Il l’avait embrassée… passionnément. 
Enfin, plus exactement, ils avaient collé leurs lèvres sur la visière plexi-filtrante de leur casque, ce n’était pas une sensation très satisfaisante, mais bon. 
  
- T’es un type épatant, merci, merci beaucoup, lui avait-elle murmuré. 
- Et toi une drôle de greluche ! Avait-il répliqué dans un semi sourire. 
  

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MessagePosté le: Sam 29 Sep - 17:33 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Surprenant, épatant ce duo un pour deux et deux en un.
De soliloques en sollicitations mutuelles... l’auteur multiplie les occasions pour rapprocher le duo, en fait, tout est bon pour… mettre en avant les... Rolling Eyes atouts coeur, bref susciter de l’intérêt.

Ah, la chaleur du plexi glass contre plexi glass, soupir… de quoi rompre la glace Very Happy mais bon, ce n’est pas le moment de faire la fine bouche.

Sur quelle nouvelle aventure pétillante va déboucher ce fâcheux contretemps… mais déjà les voici, d’un pas léger, grigrillon porte-bonheur sous le bras gauche et greluche Very Happy sous le bras droit, en direction de l’astronef…

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MessagePosté le: Dim 30 Sep - 10:00 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

   Tant qu'Allan s'attachera la confiance de son grylle , il n'a rien à craindre et pourra se sortir de situations catastrophiques .

   Et puis ... Astrée veille sur lui . Avec l'amour on va loin .

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MessagePosté le: Dim 30 Sep - 21:22 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

  
- T’es un type formidable, merci, merci beaucoup, lui avait-elle murmuré. 
- Et toi une drôle de greluche ! Avait-il répliqué dans un semi sourire. 
  
Il était temps d’abréger les effusions et de partir. 
Après s’être chargé le dos de cartouches d’oxygène et d’eau, ils avaient pris la route d’un pas incertain. Reconnaissons qu’un scaphandre, même sous forme d’une combinaison allégée, n’est pas l’idéal pour une randonnée pédestre sur un corps céleste aussi inamical, cependant, ils avaient marché côte à côte à un rythme finalement plus soutenu qu’ils ne l’avaient pensé au départ. 
  
Plusieurs heures avaient passé, la nuit était devenue d’encre, la température avoisinait les 5 degrés au dessous de zéro, le rayonnement optique et thermique des planètes de la voûte céleste ne pouvait suffire à éclairer la surface de la Lune Bleue. 
Les lampes frontales des marcheurs consommaient beaucoup trop d’énergie ce qui risquait de priver le générateur d’oxygène intégré de sa puissance. 
Le choix était cornélien, ils avaient donc décidé d’éteindre leurs torches au profit d’une respiration plus confortable et de faire une pose en attendant le retour du rayonnement de Deneb. 
La nuit passée dans un petit cratère, serrés l’un contre l’autre, n’avait pas été très réparateur, heureusement, le vent lunaire les avait recouverts d’une épaisse couche de poussière isolante. 
Allan avait somnolé en comptant bien que le grylle les alerterait en cas de danger. 
  
Aux premiers rayons de l’astre, courbatu, il s’était difficilement levé, puis il avait regardé derrière lui le chemin parcouru. 
Incroyable ! La distance qu’ils avaient franchie était tout simplement incroyable et dire que les derniers kilomètréquateurs l’avaient été en semi léthargie. 
  
« Je ne suis pas mort… pas encore » avait été sa première pensée. 
Astrée dormait, elle avait été harcelée, poussée et même copieusement engueulée durant toute la marche par ce tortionnaire d’Allan et voilà qu’il devait à nouveau la secouer. 
  
Ils n’étaient plus qu’à une journée de marche de l’astronef selon les estimations les plus optimistes mais il ne fallait pas se faire d’illusion, cette dernière partie allait être éprouvante. 
  
C’est alors qu’Allan avait aperçu la piscine d’eau turquoise, là… devant lui ! 
- Par la barbe du Grand Inconnu, je vais me baigner à poil, clama-t-il à la cantonade et dans un rire hystérique il arracha sa combinaison. 
Il y avait là, sur des transats tous ses amis d’enfance, même cet enfoiré de Gégé le vénusien qui lui avait cassé son visiocasque de jeux. 
  
Il courait vers le plongeoir sans se préoccuper de tous les pétales de roses et tessons de bouteille qu’il foulait aux pieds. 
Brusquement il avait été arrêté par le bras. 
  
- Salut Al, viens voir un instant, il faut que je te montre. 
  
C’était cette crapule de Pharos de Gli qui le tirait par la manche pour l’entrainer vers une drôle de rivière qui alimentait la piscine. 
Mais oui ! Un torrent puis une rivière d’oxygène liquide d’un bleu… bleu comme… Comme la splendeur des yeux d’Astrée. 
  
L’endroit était bizarre, les arbres avaient trois mille cinq cents mètréquateurs de haut et les insectes ressemblaient à des baleines volantes. 
  
C’est à cet instant que des mygales grosses comme des vaisseaux spatiaux siriusiens l’avaient attaqué ! 
  
- Bordel cosmique ! Qui m’a piqué mon soufflant, avait-il hurlé. 
  
* * * * * 
  

_________________
Comment t’appelles-tu ? Je me nomme Personne.
Et bien Personne, je vais te faire un cadeau ; je te mangerai le dernier.


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