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LES DAMNÉS DE TERRA
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Liv


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MessagePosté le: Mer 29 Aoû - 10:35 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant


    Le duo idéal , Sunny ? Un trio plutôt . Le grylle ne compte pas pour du beurre !

   Allan et son grylle comptant pour deux ( je ne sais pas s'il est déclaré comme personne à charge pour le fisc ) . Very Happy

   C'est un ménage à trois !

    


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Emile Zola


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MessagePosté le: Mer 29 Aoû - 10:35 (2012)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 29 Aoû - 21:29 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

En effet, contre 10 ou 20 Crédits, il délivrait des certificats sans le moindre examen ni même sans rencontrer les patients. 
A quoi bon perdre son temps en formalités administratives affirma-il en empochant les billets. Puis il pensa : A lui, je vais lui tirer 50 crédits supplémentaires, pour mes faux-frais. 
  
Allan sourit, il avait une nouvelle fois perçu le message télépathique. 
Il sortit du cabinet médical non sans avoir déposé 3 billets de 50 crédits sous le cul de la bouteille de whisky. Depuis l’avance sur frais de la Galactic Wilde Company, il était plein aux as. 
  
A présent, il était temps de contacter Astrée. 
Il l’avait envoyée chez des amis, au « Mess du marin de Gliese 581g » afin de prendre contact avec un éventuel équipage. 
  
Les gliésiens étaient d’excellents navigateurs mais leurs réactions étaient souvent imprévisibles, ils ne reconnaissaient que l’autorité absolu de leur chef, il n’était donc pas question de faire preuve de faiblesse à leur égard. 
Par ailleurs, Allan avait décidé de faire application du Code Pénal de la Navigation Spatiale (CPNS), à savoir, entre autres, l’interdiction d’embarquer avec une arme personnelle quelle qu’elle soit à bord d’un navire se déplaçant dans l’hyperespace. 
Il n’était pas question de prendre le risque qu’un déséquilibré mette en danger l’ensemble de l’équipage ni même la mission. Les armes étaient donc mises sous clef à l’armurerie du bord. 
  
Hum… Il était à craindre que cette décision ne soit pas du goût des belliqueux gliésiens qui se séparaient très rarement de leur ceinturon de combat d’où pendait un fulgurant à choc thermique. 
  
Il en était là de ses réflexions lorsque son visiophone vibra. 
Sur le petit écran 3D, le visage d’un gliésien apparut. Glabre, crâne poli, yeux gris acier sans la moindre expression, c’était le quartier-maître Pharos de Gli. Allan avait déjà travaillé avec lui, un rude gaillard sur qui l’on pouvait compter en cas de coup dur. 
  
- Félicité sur toi Al, content de te revoir, je viens de rencontrer Astrée, tu as un boulot pour moi et mes amis m’a-t-elle dit. Nous sommes cinq. 
  
- Félicité sur toi Pharos, heureux de refaire équipe ensemble. Il y a 10 capsules d’hibernation cryogénique sur le minéralier, avec le commandant, le second, Astrée et moi, ça fait neuf, peux-tu me trouver un autre matelot prospecteur ? 
Allan eut soudain l’impression que le gliésien allait lui parler de sa solde, ce qu’il ne manqua pas de faire, le grylle lui devenait de plus en plus utile. 
  
- Ca peut se trouver, par contre Al, pas question d’être payé en monnaie de singe, je parle de ces foutus Crédits Intergalactiques, nous voulons 10 % de la cargaison d’apatite de kracol plus une ration quotidienne de doublextase. Ceci n’est pas négociable. 
  
Hum… le doublextase était un puissant aphrodisiaque qui, à dose raisonnable, procurait la sensation très réaliste de participer à d’orgiaques bacchanales ce qui était très appréciable pendant les longues heures de veille durant lesquelles, les autres membres de l’équipage se trouvaient en état d’hibernation contrôlée. 
Et puis, comment refuser, alors qu’Allan avait prévu de se charger de 10 kilogallons de whisky Tullamor pour sa seule consommation personnelle. 
  
- Pas de problème, nous réglerons ces détails tous ensemble en présence de l’armateur. La conversation s’arrêta là. 
  
Ce fut le surlendemain que l’équipage embarqua à bord du cargo minéralier, Allan et Astrée s’étaient directement portés au poste de pilotage, aux ordres du commandant. 
Le vaisseau était en état, il ronronnait doucement, les écrans des tableaux de bord reflétaient une lueur verdâtre sur les visages tendus, les cadrans plasmatiques étaient programmés. 
Rien ne clochait et pourtant, une sourde angoisse tenaillait le ventre d’Allan, il n’avait pas pu rencontrer le dixième membre de l’équipe, tout le monde était à bord sauf lui. 
Sur son honneur, Pharos de Gli s’était engagé à ce qu’il soit du voyage, alors, où était-il ? 
  
Décollage dans 4 mini/parsecs, annonça la tour de contrôle… Il n’était toujours pas là ! 
  
Le commandant fit quelques manipulations et les tuyères se mirent à rugir lorsqu’un homme, accourut à grandes enjambées il sauta prestement sur la passerelle qui remontait déjà. 
  
L’étranger était grand, d’apparence humaine avec une peau cendrée et ses yeux avaient des pupilles verticales. 
La main qu’il avait tendu à Allan était légèrement palmée ce qui indiquait une origine d’amphibien. 
Sur sa poitrine pendait une amulette représentant le Dieu Amma-Dogon. 
  
Frappé de stupeur Allan n’eut aucun doute… Il se trouvait bien face à un siriusien ! 

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zaza


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MessagePosté le: Mer 29 Aoû - 21:46 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Passionnant !

à donner la chair de poule  et faire palir  un légume plûtot vert reconnu pour ses vertus diurétiques.
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MessagePosté le: Jeu 30 Aoû - 10:20 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Exact Liv... Mais si l'on considère uniquement Allan et son grylle, l'un dans l'autre on peut dire que c'est un duo. Very Happy



Je dirais même plus zaza : passionnant !


Hum, soupir... un Siriusien en vue !
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MessagePosté le: Jeu 30 Aoû - 15:40 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

sunny a écrit:

Exact Liv... Mais si l'on considère uniquement Allan et son grylle, l'un dans l'autre on peut dire que c'est un duo. Very Happy



Je dirais même plus zaza : passionnant !


Hum, soupir... un Siriusien en vue !

Jamais de la vie ! je suis l'innocence personnifiée.

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MessagePosté le: Jeu 30 Aoû - 20:56 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

La main qu’il avait tendu à Allan était légèrement palmée ce qui indiquait une origine d’amphibien. 
Sur sa poitrine pendait une amulette représentant le Dieu Amma-Dogon. 
  
Frappé de stupeur Allan n’eut aucun doute… Il se trouvait bien face à un siriusien ! 
  
* * * * * * * * 
 
Roger Kepler 3… Mise à feu… Décollage immédiat ! 
Avait ordonné le commandant dans son casque-micro. 
  
Le siriusien et Allan avaient à peine eu le temps de se sangler sur leurs sièges anti-G que l’astronef s’arrachait de la piste à une vitesse vertigineuse, les rétrofusées donnaient à plein. 
Sur les écrans de contrôle, le cosmoport avait disparu, en un temps méga-terrestre Kepler 11 et ses deux lunes satellites avaient diminué à vue d’œil. 
  
Le grylle ne tenait plus en place, Allan le sentait pour la première fois remuer dans son dos. 
La créature débordait de joie, elle diffusait en lui une allégresse cosmique… presque sensuelle. 
  
Dans un rictus canin qui se voulait être un sourire amical, le siriusien s’était exprimé par le biais de son translateur universel : 
  
- Je beaucoup chercher toi dans mégapoles du Cygne. Grylle m’avoir conduit ici. Je le perdu, toi le sauver. Grande réjouissance, grande reconnaissance. 
  
La créature de la « Jungle de pierre » avait bondi sur l’épaule du siriusien pour se glisser sous son aisselle gauche. Il était clair qu’elle et ses semblables avaient conclu un marché obscur avec les ressortissants de cette planète. 
  
Contrairement à ce qu’il avait pensé, Allan n’était pas aussi enchanté qu’il aurait dû l’être, il avait fini par s’attacher cet être et de plus, il avait perdu ses pouvoirs nouvellement acquis. 
  
- Grande reconnaissance, Amma te protège, dit le siriusien en retirant son collier fétiche et en le plaçant autour du cou d’Allan. 
  
C’était un grand honneur. Allan l’avait remercié et il avait immédiatement ressenti l’étrange puissance spirituelle de l’objet. 
  
Les terriens du système solaire affirmaient que c’était eux, qui, les premiers, avaient exploré et pris contact avec les autochtones de la Voie lactée pour leur apporter bienfaits et civilisation. 
C’est ce qui figurait dans tous les manuels d’histoire. 
Cette vieille certitude était toujours ancrée dans les esprits, cependant, la créature avait eu le temps d’ébranler cette conviction dans le cerveau d’Allan. Il prétendait que c’était eux, les grylles qui étaient l’esprit et les siriusiens étaient le bras qui avait créé la Terre. 
  
Mais qu’importe, l’instant n’était plus aux égarements philosophiques, il fallait rapidement reprendre pied dans la présente réalité et distribuer le rôle de chacun. 
  
Le commandant et Pharos étaient les premiers à prendre le quart, les autres devraient prendre place dans les sarcophages de cryopréservation. 
Le tour de garde changerait régulièrement, Allan et Astrée feraient équipe et seraient réanimés par le binôme précédent. 
Les équipes étaient ainsi faites, l’un devait surveiller la bonne marche des servocommandes du pilote automatique alors que l’autre s’assurait de l’approvisionnement en gaz et du bon fonctionnement des capsules d’hibernation. 
  
C’est avec un petit sourire en coin et un hochement de tête trahissant son inquiétude que la jeune femme s’était intégralement dévêtue comme les autres participants au séjour dans l’azote liquide. 
Allan, également nu comme au jour de sa naissance avait longuement étreint ce corps d’albâtre que de trop nombreux partenaires n’avaient pas su honorer. 
Les membres de l’équipage c’étaient pudiquement éloignés lorsqu’Astrée avait pris la main d’Allan et l’avait délicatement dirigée vers ses seins fermes et orgueilleux. 
Leurs corps haletants s’étaient longuement cherchés puis dans la plus belle des fusions, sans la moindre pudeur, ils avaient élevé leurs âmes à la hauteur du divin. 
  
Tous les huit s’étaient couchés à leur emplacement respectif, ils avaient mis leur narco-masque sur leur visage et Pharos était passé vérifier l’étanchéité des capsules. 
Chacun d’eux savait qu’un mois dans ce sarcophage représentait l’écoulement d’une soixantaine d’années dans le système solaire. 
  
Les voyants rouges étaient passés au vert… Une saveur d’amande amère dans la bouche… Un doux engourdissement euphorique… Un dernier geste d’adieu… L’effet du somnifère était foudroyant. 
  
Pharos de Gli n’avait plus qu’à faire pénétrer progressivement l’azote liquide fumante dans les capsules, la nuit allait être longue, très longue, mais ceci est une autre histoire… 
  

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Liv


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MessagePosté le: Jeu 30 Aoû - 21:46 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

    Dommage ! Je l'aimais bien ce grylle ! Il faisait partie de la famille !

  Comme quoi , il y a des clandestins attachants Very Happy et qui gagnent à être connus .


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sunny


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MessagePosté le: Ven 31 Aoû - 09:56 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

C’est à quel sujet zaza Rolling Eyes ! Néanmoins, je conviens que cette nouvelle puisse nous mettre sens dessus dessous et les jam... je veux dire la tête en l’air, alouette ! Very Happy
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MessagePosté le: Ven 31 Aoû - 10:01 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

En sachant qu’1 G égale une fois notre poids, il est bon d’avoir un siège anti G. Very Happy

Hum, j’aime bien certains passages, notamment celui vers le 7ième ciel… léger, léger comme en apesanteur.
Je suis curieuse de connaître la suite... quand ils vont se réveiller chacun de leur longue nuit... mais ceci est une autre histoire nous dit Nobody, alors le saurons-nous jamais ou plus tard, bien plus tard dans quelques années lumière !

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zaza


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MessagePosté le: Sam 1 Sep - 17:24 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Bonne virée dans les étoiles.
N'étant qu'une terrienne pure souche, je m'apprête à aller faire la manche. Si, si, je vous assure.


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MessagePosté le: Sam 1 Sep - 18:41 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Bonsoir amis lecteurs,
Si quelqu'une ou quelqu'un souhaite poursuivre l'écriture des aventures d'Allan de Kepler, à cette fin je poste ci-dessous l'intégralité du texte corrigé et remis en forme.


Merci de ne pas l'utiliser à d'autres fins que de distraire votre entourage.


Ah, en réponse à une question qui m'a été posé : "Pourquoi le nom d'Allan reviens souvent dans vos nouvelles" ?
Et bien parce que le héros de mon enfance était : Allan Quatermain.
Peu de gens savent qu'il est à l'origine de l'image et donc des films d'Indiana Jones. 
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Dernière édition par Nobody le Sam 1 Sep - 18:54 (2012); édité 3 fois
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sunny


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MessagePosté le: Sam 1 Sep - 18:52 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

La manche ou la Manche zaza ! Quoiqu’il en soit, ce n’est pas pour les manchots. Very Happy
Idea si besoin, on peut tous se cotiser à l'hôtel... parmi les généreux donateurs, soyez assurée que Filo a le coeur sur la main. Monsieur Filochard est appelé à l'accueil ! Very Happy

Bonne quête quand je m’en vais ce dimanche traverser la Méditerranée… et qui sait avec un peu de chance apercevoir des… dauphins.

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MessagePosté le: Sam 1 Sep - 18:59 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant


 
ALLAN de KEPLER 11 
  
Chapitre premier 
  
Une main ferme et musclée avait attrapé Allan par le col de sa vareuse de marin et l’avait jeté hors de la taverne de « L’Ange Déchu ». Le patron n’avait pas apprécié que son client, après avoir consommé six cocktails de sulfate et deux whiskies à la menthe de Bételgeuse, lui ait déclaré n’avoir plus un seul Crédit Intergalactique en poche. 
En titubant, Allan avait pris le chemin de son meublé, il traversa le square de « L’entente cosmique » et se laissa choir sur un banc pour reprendre ses esprits. 
Sa situation financière était déplorable, voilà bien trois jours qu’il n’avait pas fait un repas digne de ce nom. 
Le chômage sévissait dans toute la constellation du Cygne, les cosmoports n’embauchaient plus les vieux loups de l’espace comme lui. 
Un poligarde qui patrouillait l’interpella. 
  
- Hé, vous ! Qu’est ce que vous foutez là ? 
  
- Je me repose. 
  
- Et bien vous êtes reposé, alors dégagez ! 
  
C’est à une centaine de mètres de chez lui qu’Allan entendit pleurer entre les conteneurs-poubelles. 
Des sanglots sans larmes, des sanglots de chagrin, de solitude. 
Il s’arrêta intrigué, ses yeux d’ivrogne fouillaient l’obscurité, les pleurs avaient cessé puis ils reprirent. 
C’était… C’était comme une plainte de désespoir. 
Ce n’est pas mes oignons, pensa-t-il en reprenant son chemin. 
Il n’avait pas fait 10 mètres qu’il revenait sur ses pas. 
Il se faufila entre les conteneurs et son pied heurta un paquet à terre. 
Il se pencha et regarda sa découverte. 
C’était une vieille couverture qui gémissait à vous fendre le cœur. 
D’une main Allan souleva le léger paquet et de l’autre alluma son luciobriquet. 
Mon Dieu ! 
La couverture avait un visage, un tout petit visage… 
Il éteignit brusquement son luciobriquet et se recroquevilla contre une poubelle. 
A présent il tremblait, le souffle coupé, tenant le paquet contre sa poitrine, comme si… Comme si c’était un bébé. 
  
Puis il se mit à courir, l’être serré entre ses bras, monta les escaliers quatre à quatre, entra chez lui d’un coup de pied dans la porte, il avait perdu le code-clef depuis longtemps et de toute façon, il n’y avait rien à voler à son domicile. 
  
Il souleva délicatement un coin de l’étoffe entourant la créature pour ne pas l’effrayer. 
Par tous les démons des sept galaxies ! 
Il recula d’un pas le souffle coupé. 
Quelle horreur, c’était bien un… Comment dire… Un étranger. 
  
L’être le fixait de ses yeux ternes et globuleux, son petit visage ridé et son teint grisâtre n’augurait pas d’une excellente santé. 
Ses tentacules, flasques, sans force, pendaient lamentablement. 
  
Astrée ! 
Oui, il n’y avait qu’elle, Astrée, une femme d’expérience, pour le sortir de ce pétrin, il se saisit de son visiophone et lui laissa un message angoissé. 
Si elle n’était pas encore au lit, ivre morte avec un client, elle viendrait, c’était certain. 
Voilà trente minutes stellaires qu’Allan arpentait la pièce de long en large, maudissant le sort et son initiative malheureuse, quand Astrée fit irruption dans la pièce. 
  
C’était encore une très jolie femme, grande et mince, les cheveux auburn, ses traits réguliers étaient fortement marqués par les nuits sans sommeil et les désillusions de la vie avaient fini par délaver ses grands yeux turquoise. 
Elle était vêtue d’une courte tunique de cuir noir serrée à la taille par un ceinturon à champ de force. Une simple pression sur la boucle enveloppait son possesseur d’une bulle infranchissable. Dans son métier, on n’était jamais trop prudent. 
  
- Allan ! Qu’est ce que tu as encore fait ! 
  
- Regarde, il pleurait dans la rue, je ne pouvais pas… 
  
Un pan de la couverture glissa et découvrit le visage de l’être. 
  
- Aaaah ! Quelle horreur, qu’est ce que tu vas en faire ? 
  
- C’est à toi de me le dire, moi, les bébés, je n’y connais rien, c’est plus de la compétence d’une femme. 
- Mais enfin, réfléchis, personne ne connaît rien aux étrangers, lui répliqua Astrée. 
  
- Qu’est ce que ça mange, qu’est ce que ça boit ? 
  
Allan déposa la frêle créature sur son lit, elle ne pleurait plus, elle dormait paisiblement comme si elle avait compris qu’à présent elle était en sécurité. 
  
- Mais enfin Astrée, fais quelque chose ! 
  
Avec fureur, les mains sur les hanches, la jeune femme se campa brusquement devant lui. 
  
- Faire quelque chose ! Faire quelque chose ! QUOI, gros malin ? 
  
Je ne connais aucun médecin qui soigne les ressortissants des exoplanètes de Kepler 11. Il faut des années pour pouvoir soigner les humanoïdes, alors, pour les étrangers… 
  
Allan n’écoutait plus ce qu’elle disait, il se tourna vers le lit et contempla la créature, certes elle n’était pas humaine mais elle avait quelque chose d’attendrissant, de fragile qui vous prenait à la gorge. 
  
- Tu t’es encore fourré dans de sales draps, Allan, tiens, ce soir j’ai michetonné pour 200 Crédits, je n’en ai pas un besoin immédiat, si tu les veux. 
  
Personne au monde n’aurait pu dire quelle était la nature des sentiments qu’elle éprouvait pour lui. 
Il secoua la tête, un triste sourire au coin des lèvres. 
  
- Merci Astrée, mais je ne suis pas sûr de pouvoir te rembourser une somme pareille. 
  
- Qu’as-tu mangé aujourd’hui, demanda-t-elle ? 
  
- Six cocktails et deux whiskies. 
  
- Andouille ! Soupira-t-elle, il faut que je retourne travailler mais ma proposition tient toujours. 
  
Allan la regarda s’éloigner, fasciné par sa démarche féline et son fessier qui décrivait des courbes très amples d’une sensualité débordante. 
  
Resté seul il contempla sa chambre, sa médiocrité… Il se dirigea vers la fenêtre, la ville, comme toutes les villes coloniales de la galaxie était noire, sale, triste…Lugubre. 
Au loin, vers le cosmoport, des cargos et des vaisseaux spatiaux décollaient en direction de destinations peut-être plus souriantes. 
  
Que pouvait-il faire ? Il se retourna. 
La chose était toujours là, sur le lit, mais ses yeux grands ouverts le fixaient. 
  
- Pousse-toi, lui dit-il en se laissant tomber sur la couche. 
  
Allan s’endormit d’une masse, en chien de fusil, tournant le dos à l’extra-kepler. 
  
* * * * * 
  
Son visiophone de poignet vibra, il s’alluma soudain et le doux visage d’Astrée apparut progressivement : 
  
- Arrache toi, il est 11 heures, hier tu étais encore… disons, fatigué. 
  
- Garde tes sermons je te prie, qu’est ce que tu me veux ? 
  
Allan consulta son chronoboussole spatial (un cadeau de sa mère lorsqu’il avait obtenu son Certificat de Prospecteur-Navigant), effectivement, il était bien 11 heures stellaire. 
Il se leva difficilement, une douleur musculaire dans le dos le courbait en deux. 
Il absorba un comprimé de Spasmos contre le mal d’apesanteur, il avait constaté que ça marchait aussi pour la gueule de bois. 
  
- Et ton invité ? Demanda Astrée. 
  
- Quel invité ? 
  
- Par les cornes d’Alpha Tauri ! J’allais oublier mon aventure de la veille au soir. 
  
Il se précipita vers son lit. La vieille couverture était toujours là mais… vide ! 
Où était donc passée cette maudite engeance ? 
L’être avait disparu. 
  
- Astrée, il n’est plus là, s’écria-t-il ! 
  
- Bonne nouvelle, c’est le mieux qu’il puisse t’arriver, rejoins moi à l’Estrella Tapas-Bar, c’est moi qui régale mais passe d’abord à la douche, hier tu puais comme un bouc des prairies de la Grande Désolation. Et frotte aussi derrière les oreilles, crut-elle bon d’ajouter avec un sourire taquin qui s’estompa dans le fondu mosaïque du visiophone. 
  
Allan fouilla la pièce, se pencha sous le lit… toujours rien. Il fallait se rendre à l’évidence, l’être était bien parti par ses propres moyens. 
Qu’il aille se faire pendre ailleurs, pensa-t-il en se dirigeant vers la salle de bain, une douche revitalisante aux ultrasons lui ferait le plus grand bien et décontracterait ses muscles noués. 
  
En sortant de la cabine il alluma les miroirs circulaires de la salle de bain. 
C’est alors qu’il poussa un horrible cri d’épouvante. 
  
Aaaaah ! Seigneur ! Bredouilla-t-il en découvrant l’état de ses dorsaux. 
Les mains exsangues crispées sur le lavabo, les yeux exorbités, il ne pouvait détacher son regard des miroirs qui réfléchissaient son dos. 
  
La chose était là ! 
  
Ses tentacules implantées de chaque côté de la colonne vertébrale, elle avait pénétré les chairs d’Allan pour se fixer solidement, durablement, diaboliquement sur son corps... 
  
Vampirisé ! Il était littéralement vampirisé. 
  
A l’Estrella Tapas-Bar Astrée était seule à sa table, elle dégustait une tortilla képlérienne aux œufs de planants avec une bière de maïs synthétique quand Allan fit irruption. 
  
Il avait le visage décomposé, pâle, l’estomac noué, son caban d’officier navigant lui faisait une bosse dans le dos. Agité de tremblements, ses mots se bousculaient en contant son histoire. 
Puis il se tut, vidé… 
  
C’est alors qu’Astrée se leva et dans un élan de grande affection, elle alla se blottir dans ses bras en sanglotant, puis, cette femme de décision reprit rapidement le dessus. 
  
- Mon Dieu ! C’est une histoire terrible qui t’arrive là, il faut contacter Le Doc, il s’aura peut-être quoi faire. 
  
Elle pensa : Le Doc est en fait un abominable charlatan-guérisseur qui remet les articulations en place et pratique des avortements sans la moindre précaution, je n’ai aucune confiance en lui. 
  
Bouche bée, Allan se laissa choir sur une chaise auto ergonomique… Il venait de capter la pensée de son amie aussi clairement que si elle avait articulé une phrase. 
Il n’eut pas le temps d’approfondir ce qui lui arrivait, car à cet instant un serveur à l’air renfrogné s’était approché de la table. 
  
- Qu’est ce que ce sera pour Monsieur ? Puis il pensa : 
Je leur demande de payer à la livraison des plats, pas d’ardoise pour des oiseaux pareils. 
  
A nouveau cette pensée fut interceptée par Allan. 
  
- La même chose que Madame, répondit-il, mais qui vous a demandé du crédit ? 
  
Le garçon se pétrifia puis brusquement, sans un mot, il tourna les talons et se dirigea vers les cuisines. 
  
Allan était médusé, il venait à nouveau de faire le constat qu’il avait acquis l’incroyable capacité de lire les pensées de ses interlocuteurs, comment était-il devenu télépathe ? 
  
Son visiophone vibra, un visage masculin apparu, l’homme était connu d’Allan, c’était le fondé de pouvoir de la Galactic Wilde Company pour laquelle il avait déjà fait deux ou trois petits boulots un peu délicats. 
  
- Bonjour Allan, en consultant le livre de la capitainerie du terminal N° 3 j’ai constaté que vous étiez actuellement disponible. Il se trouve que nous avons besoin d’un prospecteur-navigant, heu… comment dire… compréhensif, c’est ça… compréhensif, et ce, dans les plus brefs délais. 
  
Cette société était connue pour avoir des méthodes pour le moins marginales mais Allan n’était pas en capacité de refuser un job quel qu’il soit. 
  
- Je suis libre de tout engagement en effet, en quoi consiste la mission ? 
  
- Nous avons découvert un gisement d’apatite de Kracol sur Alpha Centauri, il convient de commencer son exploitation avant l’arrivée de nos concurrents afin de s’en assurer le total monopole. 
Sous réserve de l’agrément du commandant de bord, vous aurez carte blanche pour composer votre équipe, il va sans dire qu’en cas d’acceptation, une ligne de crédit vous sera ouverte. 
Alpha Centauri étant à 120 années lumière de votre point d’attache, il sera nécessaire de vous faire séjourner un mois en capsule d’hibernation. Ce mois, 3 000 Crédits Intergalactiques, vous seront versés dès votre accord. 
  
Allan sonda l’homme à l’aide de son nouveau pouvoir, l’offre était sérieuse, il valida la proposition et coupa la communication. 
  
- Astrée, la chance va-t-elle enfin me sourire ? Dit-il en engloutissant ses tortillas. 
  
Les yeux embués, la jeune femme qui avait suivi la conversation, secoua la tête. 
  
- Tu vas voyager en hibernation ce qui représente bien des années réelles sur Kepler, c'est-à-dire que si tu reviens me voir, je serai devenue une très vieille femme et toi tu n’auras pas vieilli d’autant. 
  
Allan ne l’écoutait plus, il était plongé dans ses pensées, il devait éradiquer « la chose » qui le parasitait, sélectionner ses futurs collaborateurs, allez rechercher ses armes (fulgurant, compensateur de gravité, paralysant thermique) qu’il avait laissé au Mont-de-piété contre 3 Crédits six sous et faire son sac de navigant. 
  
Il était déjà dans la rue lorsqu’il entendit un appel derrière lui. 
  
- Allan !... Je viens avec toi ! S’écria-t-elle. 
  
Il fit quelques pas en arrière et la prit dans ses bras. 
  
- Voyons, Astrée, sois raisonnable la mission est dangereuse, nous allons devoir affronter des peuplades inconnues, vivre jours et nuits en scaphandre, Alpha Centauri n’est pas une planète accueillante. 
Que cherches-tu, l’aventure, la fortune ? 
  
- Rompre avec l’existence que je mène sur cette planète de misère. Toi et moi courons après les mêmes chimères, tu as besoin de moi comme moi de toi. 
Il l’attira contre lui et l’embrassa passionnément. 
  
- Merci Astrée, tu es la première embauchée, dit-il avec tendresse. 
  
Puis, main dans la main, ils se dirigèrent vers le cosmoport terminal N°3 pour prendre contact avec le Commandant du vaisseau de la Galactic Wilde Company. 
  
* * * * * 
  
- Houa ! Mais où diable avez-vous trouvé cette… cette chose ? 
  
A califourchon sur une chaise, Allan, torse nu était penché en avant alors que Le Doc, de ses petits yeux porcins, observait l’être incrusté dans ses chairs. 
  
- Incroyable ! J’en avais entendu parler et voilà que j’en ai un, là… juste sous mon nez… Drôle de petite créature, murmura-t-il en la détaillant avec une loupe échographique du siècle dernier. 
  
Puis il se dirigea vers un placard, l’ouvrit et se saisit d’une bouteille de whisky de synthèse. Au passage il récupéra deux verres dans le tas de vaisselle sale qui stagnait dans l’évier. 
  
- Quelle chance vous avez mon garçon, ça s’arrose. Dit-il en s’affalant dans un fauteuil enveloppant complètement défoncé. 
  
- Doc, vous et moi sommes amis, n’est ce pas ? 
  
- On peut dire ça comme ça, répliqua-t-il avec un sourire complice. Il remplit les verres. C’est exactement le remède qu’il fallait à Allan pour chasser le nœud qu’il avait dans la gorge. Il avala le premier verre d’un trait. 
  
- Alors je veux savoir la vérité… toute la vérité. Quelle est cette chose qui me taraude et comment m’en débarrasser au plus tôt ? 
  
Le rire gras du Doc résonna dans la pièce, l’immeuble et peut-être même jusqu’au cosmoport. 
  
- S’en débarrasser ? Vous n’y pensez pas, mon garçon ! Il s’agit probablement d’un grylle. Il est parfaitement implanté en vous, vous avez fusionné, il est votre cœur, votre cerveau, le retirer vous serait fatal. 
  
- Mais enfin, il doit y avoir un moyen ? Il avait bien un autre corps avant moi, ce… ce grylle ? 
  
Au deuxième verre d’alcool, Le Doc devenait encore un peu plus volubile. 
  
- Selon une légende, mais est-ce bien une légende ? Les grylles seraient des créatures vivant dans la jungle de pierre de Sirius B. 
Vous êtes-vous déjà demandé d’où les siriusiens tiraient toutes leurs performances, leurs dons de médiums clairvoyants ? Non bien sûr. Et bien parce qu’une fois adulte, chaque siriusien adopte un grylle qu’il garde à vie. La mort de l’un entraîne automatiquement la mort de l’autre. 
N’avez-vous rien remarqué depuis que vous avez syncrétisé avec ce grylle ? 
  
- Rien de bien particulier, mentit Allan en secouant la tête. Cependant, à plusieurs reprises, il avait eu l’impression que l’être cherchait à communiquer avec lui. 
  
- Si je vous suis bien toubib, un siriusien aurait perdu son grylle et c’est moi qui l’aurais retrouvé ? 
  
-Probable, mon garçon, mais pourquoi et comment ? Mystère. 
  
Il était clair qu’Allan ne tirerait rien de plus du Doc, il en profita pour lui acheter des certificats médicaux d’aptitude à la navigation en hyper-espace pour lui et Astrée. 
En effet, contre 10 ou 20 Crédits, il délivrait des certificats sans le moindre examen ni même sans rencontrer les patients. 
A quoi bon perdre son temps en formalités administratives affirma-il en empochant les billets. Puis il pensa : A lui, je vais lui tirer 50 crédits supplémentaires, pour mes faux-frais. 
  
Allan sourit, il avait une nouvelle fois perçu le message télépathique. 
Il sortit du cabinet médical non sans avoir déposé 3 billets de 50 crédits sous le cul de la bouteille de whisky. Depuis l’avance sur frais de la Galactic Wilde Company, il était plein aux as. 
  
A présent, il était temps de contacter Astrée. 
Il l’avait envoyée chez des amis, au « Mess du marin de Gliese 581g » afin de prendre contact avec un éventuel équipage. 
  
Les gliésiens étaient d’excellents navigateurs mais leurs réactions étaient souvent imprévisibles, ils ne reconnaissaient que l’autorité absolu de leur chef, il n’était donc pas question de faire preuve de faiblesse à leur égard. 
Par ailleurs, Allan avait décidé de faire application du Code Pénal de la Navigation Spatiale (CPNS), à savoir, entre autres, l’interdiction d’embarquer avec une arme personnelle quelle qu’elle soit à bord d’un navire se déplaçant dans l’hyperespace. 
Il n’était pas question de prendre le risque qu’un déséquilibré mette en danger l’ensemble de l’équipage ni même la mission. Les armes étaient donc mises sous clef à l’armurerie du bord. 
  
Hum… Il était à craindre que cette décision ne soit pas du goût des belliqueux gliésiens qui se séparaient très rarement de leur ceinturon de combat d’où pendait un fulgurant à choc thermique. 
  
Il en était là de ses réflexions lorsque son visiophone vibra. 
Sur le petit écran 3D, le visage d’un gliésien apparut. Glabre, crâne poli, yeux gris acier sans la moindre expression, c’était le quartier-maître Pharos de Gli. Allan avait déjà travaillé avec lui, un rude gaillard sur qui l’on pouvait compter en cas de coup dur. 
  
- Félicité sur toi Al, content de te revoir, je viens de rencontrer Astrée, tu as un boulot pour moi et mes amis m’a-t-elle dit. Nous sommes cinq. 
  
- Félicité sur toi Pharos, heureux de refaire équipe ensemble. Il y a 10 capsules d’hibernation cryogénique sur le minéralier, avec le commandant, le second, Astrée et moi, ça fait neuf, peux-tu me trouver un autre matelot prospecteur ? 
Allan eut soudain l’impression que le gliésien allait lui parler de sa solde, ce qu’il ne manqua pas de faire, le grylle lui devenait de plus en plus utile. 
  
- Ca peut se trouver, par contre Al, pas question d’être payé en monnaie de singe, je parle de ces foutus Crédits Intergalactiques, nous voulons 10 % de la cargaison d’apatite de kracol plus une ration quotidienne de doublextase. Ceci n’est pas négociable. 
  
Hum… le doublextase était un puissant aphrodisiaque qui, à dose raisonnable, procurait la sensation très réaliste de participer à d’orgiaques bacchanales ce qui était très appréciable pendant les longues heures de veille durant lesquelles, les autres membres de l’équipage se trouvaient en état d’hibernation contrôlée. 
Et puis, comment refuser, alors qu’Allan avait prévu de se charger de 10 kilogallons de whisky Tullamor pour sa seule consommation personnelle. 
  
- Pas de problème, nous réglerons ces détails tous ensemble en présence de l’armateur. La conversation s’arrêta là. 
  
Ce fut le surlendemain que l’équipage embarqua à bord du cargo minéralier, Allan et Astrée s’étaient directement portés au poste de pilotage, aux ordres du commandant. 
Le vaisseau était en état, il ronronnait doucement, les écrans des tableaux de bord reflétaient une lueur verdâtre sur les visages tendus, les cadrans plasmatiques étaient programmés. 
Rien ne clochait et pourtant, une sourde angoisse tenaillait le ventre d’Allan, il n’avait pas pu rencontrer le dixième membre de l’équipe, tout le monde était à bord sauf lui. 
Sur son honneur, Pharos de Gli s’était engagé à ce qu’il soit du voyage, alors, où était-il ? 
  
Décollage dans 4 mini/parsecs, annonça la tour de contrôle… Il n’était toujours pas là ! 
  
Le commandant fit quelques manipulations et les tuyères se mirent à rugir lorsqu’un homme, accourut à grandes enjambées il sauta prestement sur la passerelle qui remontait déjà. 
  
L’étranger était grand, d’apparence humaine avec une peau cendrée et ses yeux avaient des pupilles verticales. 
La main qu’il avait tendu à Allan était légèrement palmée ce qui indiquait une origine d’amphibien. 
Sur sa poitrine pendait une amulette représentant le Dieu Amma-Dogon. 
  
Frappé de stupeur Allan n’eut aucun doute… Il se trouvait bien face à un siriusien ! 
  
* * * * * 
  
- Roger Kepler 3… Mise à feu… Décollage immédiat ! 
Avait ordonné le commandant dans son casque-micro. 
  
Le siriusien et Allan avaient à peine eu le temps de se sangler sur leurs sièges anti-G que l’astronef s’arrachait de la piste à une vitesse vertigineuse, les rétrofusées donnaient à plein. 
Sur les écrans de contrôle, le cosmoport avait disparu, en un temps méga-terrestre Kepler 11 et ses deux lunes satellites avaient diminué à vue d’œil. 
  
Le grylle ne tenait plus en place, Allan le sentait pour la première fois remuer dans son dos. 
La créature débordait de joie, elle diffusait en lui une allégresse cosmique… presque sensuelle. 
  
Dans un rictus canin qui se voulait être un sourire amical, le siriusien s’était exprimé par le biais de son translateur universel : 
  
- Je beaucoup chercher toi dans mégapoles du Cygne. Grylle m’avoir conduit ici. Je le perdu, toi le sauver. Grande réjouissance, grande reconnaissance. 
  
La créature de la « Jungle de pierre » avait bondi sur l’épaule du siriusien pour se glisser sous son aisselle gauche. Il était clair qu’elle et ses semblables avaient conclu un marché obscur avec les ressortissants de cette planète. 
  
Contrairement à ce qu’il avait pensé, Allan n’était pas aussi enchanté qu’il aurait dû l’être, il avait fini par s’attacher cet être et de plus, il avait perdu ses pouvoirs nouvellement acquis. 
  
- Grande reconnaissance, Amma te protège, dit le siriusien en retirant son collier fétiche et en le plaçant autour du cou d’Allan. 
  
C’était un grand honneur. Allan l’avait remercié et il avait immédiatement ressenti l’étrange puissance spirituelle de l’objet. 
  
Les terriens du système solaire affirmaient que c’était eux, qui, les premiers, avaient exploré et pris contact avec les autochtones de la Voie lactée pour leur apporter bienfaits et civilisation. 
C’est ce qui figurait dans tous les manuels d’histoire. 
Cette vieille certitude était toujours ancrée dans les esprits, cependant, la créature avait eu le temps d’ébranler cette conviction dans le cerveau d’Allan. Il prétendait que c’était eux, les grylles qui étaient l’esprit et les siriusiens étaient le bras qui avait créé la Terre. 
  
Mais qu’importe, l’instant n’était plus aux égarements philosophiques, il fallait rapidement reprendre pied dans la présente réalité et distribuer le rôle de chacun. 
  
Le commandant et Pharos étaient les premiers à prendre le quart, les autres devraient prendre place dans les sarcophages de cryopréservation. 
Le tour de garde changerait régulièrement, Allan et Astrée feraient équipe et seraient réanimés par le binôme précédent. 
Les équipes étaient ainsi faites, l’un devait surveiller la bonne marche des servocommandes du pilote automatique alors que l’autre s’assurait de l’approvisionnement en gaz et du bon fonctionnement des capsules d’hibernation. 
  
C’est avec un petit sourire en coin et un hochement de tête trahissant son inquiétude que la jeune femme s’était intégralement dévêtue comme les autres participants au séjour dans l’azote liquide. 
Allan, également nu comme au jour de sa naissance avait longuement étreint ce corps d’albâtre que de trop nombreux partenaires n’avaient pas su honorer. 
Les membres de l’équipage s’étaient pudiquement éloignés lorsqu’Astrée avait pris la main d’Allan et l’avait délicatement dirigée vers ses seins fermes et orgueilleux. 
Leurs corps haletants s’étaient longuement cherchés puis dans la plus belle des fusions, sans la moindre pudeur, ils avaient élevé leurs âmes à la hauteur du divin. 
  
Tous les huit s’étaient couchés à leur emplacement respectif, ils avaient mis leur narco-masque sur leur visage et Pharos était passé vérifier l’étanchéité des capsules. 
Chacun d’eux savait qu’un mois dans ce sarcophage représentait l’écoulement d’une soixantaine d’années dans le système solaire. 
  
Les voyants rouges étaient passés au vert… Une saveur d’amande amère dans la bouche… Un doux engourdissement euphorique… Un dernier geste d’adieu… L’effet du somnifère était foudroyant. 
  
Pharos de Gli n’avait plus qu’à faire pénétrer progressivement l’azote liquide encore fumante dans les capsules, la nuit allait être longue, très longue… 

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sunny


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MessagePosté le: Sam 1 Sep - 19:03 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Mon cher Nobody,
Votre proposition me laisse pensive mais c'est ainsi, les auteurs ont tous les droits.

Merci mister No pour cette attention... je voudrais bien mais je ne peux point étant sur le point de m'absenter... de plus je n'ai que deux mains contrairement à Allan Quatre mains. Very Happy

Okay pour cette nouvelle bien trop courte à mon goût.

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MessagePosté le: Mar 11 Sep - 21:27 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

 
 Chapitre deux 
 
* * * * * 
  
    Un long tunnel, long, très long et au loin une petite lueur rouge clignotante. 
Allan avait l’impression qu’il ne pourrait jamais courir assez longtemps pour atteindre cette lumière d’espoir. 
De toute façon, son corps était lourd et cloué sur sa couche, il lui était impossible de bouger un membre. 
Il finit par prendre conscience qu’il se trouvait allongé dans un sarcophage d’hibernation. 
Quelques minutes plus tard, il avait eu le sentiment de flotter dans l’espace, l’impression était agréable et si sa vie devait s’arrêter là, en apesanteur, il était tranquille, sa fin serait douce. 
  
C’est alors qu’une voix impérative le fit sursauter : 
  
- Tu es Allan le prospecteur-navigant, natif de Terra 2 domicilié sur Kepler 11, tu es en hibernation depuis 47 ans de référence terrestre, tu dois te réveiller et prendre les commandes… Le vaisseau est en danger… Tu dois te réveiller et prendre les commandes… Le vaisseau est en danger… Tu dois te réveiller et … 
  
Allan écoutait distraitement mais ne se sentait pas concerner outre mesure. 
  
Au bout du tunnel, les clignotants rouges se rapprochaient. 
  
Soudain, avec une affreuse grimace, il avait dû supporter un jet d’oxygène ionisé en plein visage qui lui avait brulé jusqu’aux plus petites bronchioles de son être. 
Il avait lutté contre une envie de vomissement causée par cet horrible goût d’amande amer qui suintait à la commissure de ses lèvres. 
Ensuite, il avait commencé à refaire connaissance avec son corps, ses poumons, ses membres et mêmes son sexe qui affichait un réveil plutôt triomphant. 
  
D’un coup sec, Allan avait tiré la poignée qui libérait l’ouverture de la capsule. 
Dans un doux chuintement, la paroi avait lentement coulissée, laissant ainsi entrer l’air frais de l’astronef. 
  
Le vaisseau-minéralier vibrait dangereusement alors qu’Allan s’extirpait de sa capsule en se mouvant tel un zombie sortant du tombeau. 
  
- Alerte rouge hurlaient les hauts parleurs… Evacuation immédiate. 
  
Il constata que l’ensemble des cabines individuelles d’hibernation avaient été ouvertes et que leurs occupants, les yeux hagards, en émergeaient lentement comme des pantins désarticulés sortant d’une sorte de brouillard enveloppant. 
  
Sans attendre, Allan se précipita vers la salle de pilotage, il enjamba les corps boursoufflés comme des baudruches prêtes à éclater du commandant de bord et de son second et hurla un ordre à l’androïde-navigateur : 
  
- Rapport immédiat ! 
  
La voix placide du robot lui répondit avec un calme désarmant. 
  
- Tempête magnétique sur parcours hyper sidéral. Choc avec météorite de classe 2. Salle des réacteurs énergétiques endommagée vidant le vaisseau de son air respirable. Mort des humanoïdes sans protection. Brèche colmatée par les robots-maintenance. Le vaisseau subit actuellement l’attraction gravitationnelle de la Lune Bleue, banlieue de la constellation du Cygne. 
  
Derrière lui il avait aperçu quelques gliésiens et Astrée… son Astrée, mais l’heure n’était pas encore aux retrouvailles romanesques. Tout le monde était pâle et tous avaient instinctivement interrogé du regard l’androïde-navigateur. 
Le plancher se dérobait sous leurs pieds, le vaisseau tordait ses superstructures et autour d’eux, les panneaux étanches se fermaient brutalement dans un bruit de guillotine. 
  
Le reste de l’équipage présent dans la salle de pilotage avait les yeux rivés sur les écrans extérieurs. Ils avaient des difficultés à conserver la position verticale en raison de l’assiette du véhicule qui traversait actuellement un dangereux nuage de granules astrales. 
  
D’autorité Allan prit place sur le siège de commandement et constata avec satisfaction que le siriusien accompagné de son grylle occupait le siège vacant à sa droite, celui du copilote. 
  
- Commandes manuelles ! Avait-il hurlé à l’intention de la roboservice. Il n’était plus possible de contrôler les générateurs auxiliaires. 
  
- Ejection de l’hyperespace avait suggéré le siriusien. 
  

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