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LES DAMNÉS DE TERRA
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Liv


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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 14:37 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

   Plus qu'une intégration réussie , je dirais incrustation .
 Attendons de voir si elle est réussie ou avortée . Very Happy

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" Rien ne développe l'intelligence comme les voyages . "

Emile Zola


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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 14:37 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Nobody
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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 14:49 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Merci pour vos encouragements et vos remarques, hum... ironiques.
Ceux qui me connaissent un peu savent que j’ai écrit une nouvelle érotique, « Ma vaillante arquebuse » et des carnets de voyage.
 
J’ai également commis 3 nouvelles de fiction et heroïque fantasy dans un recueil édité à mes frais, pour le plaisir de mon entourage (enfin j'espère).
Avec une quatrième nouvelle, j’en serai à 300 pages imprimées ce qui me donnera la possibilité d’éditer un « bouquin de gare », comme me l'a dit une amie éditrice.
Mais, si je vous donne la suite, vous n’aurez aucun intérêt à l’acheter. 
_________________
Comment t’appelles-tu ? Je me nomme Personne.
Et bien Personne, je vais te faire un cadeau ; je te mangerai le dernier.


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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 15:37 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Pour la petite histoire, je viens de taper Estrella Tapas-bar sur Google  Mort de Rire  cet endroit sort de ma pure imagination, et bien, il existe réellement, Bar étant l'abréviation de Barcelone.  Very Happy
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Comment t’appelles-tu ? Je me nomme Personne.
Et bien Personne, je vais te faire un cadeau ; je te mangerai le dernier.


Dernière édition par Nobody le Lun 27 Aoû - 19:43 (2012); édité 1 fois
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zaza


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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 17:08 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Nobody a écrit:

Merci pour vos encouragements et vos remarques, hum... ironiques.
Ceux qui me connaissent un peu savent que j’ai écrit une nouvelle érotique, « Ma vaillante arquebuse » et des carnets de voyage.
 
J’ai également commis 3 nouvelles de fiction et heroïque fantasy dans un recueil édité à mes frais, pour le plaisir de mon entourage (enfin j'espère).
Avec une quatrième nouvelle, j’en serai à 300 pages imprimées ce qui me donnera la possibilité d’éditer un « bouquin de gare », comme me l'a dit une amie éditrice.
Mais, si je vous donne la suite, vous n’aurez aucun intérêt à l’acheter. 
Allons, ne te fais pas prier, tu adores raconter des histoires, et nous aimons beaucoup les lire.
Tu ne vas pas te fâcher pour 2 euros ?
Very Happy

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Liv


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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 18:47 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

 "Mais, si je vous donne la suite, vous n’aurez aucun intérêt à l’acheter.  "
     
    Tu peux toujours écrire plusieurs versions , l'une gratuite déposée sur la table de nuit des résidents de l'hôtel et l'autre payante à acheter sur "le Bon Coin " . Wink
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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 22:00 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

ALLAN de KEPLER 11 
  
Une main ferme et musclée avait attrapé Allan par le col de sa vareuse de marin et l’avait jeté hors de la taverne de « L’Ange Déchu ». Le patron n’avait pas apprécié que son client, après avoir consommé six cocktails de sulfate et deux whiskies à la menthe de Bételgeuse, lui ait déclaré n’avoir plus un seul Crédit Intergalactique en poche. 
En titubant, Allan avait pris le chemin de son meublé, il traversa le square de « L’entente cosmique » et se laissa choir sur un banc pour reprendre ses esprits. 
Sa situation financière était déplorable, voilà bien trois jours qu’il n’avait pas fait un repas digne de ce nom. 
Le chômage sévissait dans toute la constellation du Cygne, les cosmoports n’embauchaient plus les vieux loups de l’espace comme lui. 
Un poligarde qui patrouillait l’interpella. 
  
-Hé, vous ! Qu’est ce que vous foutez là ? 
  
- Je me repose. 
  
- Et bien vous êtes reposé, alors dégagez ! 
  
C’est à une centaine de mètres de chez lui qu’Allan entendit pleurer entre les conteneurs-poubelles. 
Des sanglots sans larmes, des sanglots de chagrin, de solitude. 
Il s’arrêta intrigué, ses yeux d’ivrogne fouillaient l’obscurité, les pleurs avaient cessé puis ils reprirent. 
C’était… C’était comme une plainte de désespoir. 
Ce n’est pas mes oignons, pensa-t-il en reprenant son chemin. 
Il n’avait pas fait 10 mètres qu’il revenait sur ses pas. 
Il se faufila entre les conteneurs et son pied heurta un paquet à terre. 
Il se pencha et regarda sa découverte. 
C’était une vieille couverture qui gémissait à vous fendre le cœur. 
D’une main Allan souleva le léger paquet et de l’autre alluma son luciobriquet. 
Mon Dieu ! 
La couverture avait un visage, un tout petit visage… 
Il éteignit brusquement son luciobriquet et se recroquevilla contre une poubelle. 
A présent il tremblait, le souffle coupé, tenant le paquet contre sa poitrine, comme si… Comme si c’était un bébé. 
  
Puis il se mit à courir, l’être serré entre ses bras, monta les escaliers quatre à quatre, entra chez lui d’un coup de pied dans la porte, il avait perdu le code-clef depuis longtemps et de toute façon, il n’y avait rien à voler à son domicile. 
  
Il souleva délicatement un coin de l’étoffe entourant la créature pour ne pas l’effrayer. 
Par tous les démons des sept galaxies ! 
Il recula d’un pas le souffle coupé. 
Quelle horreur, c’était bien un… Comment dire… Un étranger. 
  
L’être le fixait de ses yeux ternes et globuleux, son petit visage ridé et son teint grisâtre n’augurait pas d’une excellente santé. 
Ses tentacules, flasques, sans force, pendaient lamentablement. 
  
Astrée ! 
Oui, il n’y avait qu’elle, Astrée, une femme d’expérience, pour le sortir de ce pétrin, il se saisit de son visiophone et lui laissa un message angoissé. 
Si elle n’était pas encore au lit, ivre morte avec un client, elle viendrait, c’était certain. 
Voilà trente minutes stellaires qu’Allan arpentait la pièce de long en large, maudissant le sort et son initiative malheureuse, quand Astrée fit irruption dans la pièce. 
  
C’était encore une très jolie femme, grande et mince, les cheveux auburn, ses traits réguliers étaient fortement marqués par les nuits sans sommeil et les désillusions de la vie avaient fini par délaver ses grands yeux turquoise. 
Elle était vêtue d’une courte tunique de cuir noir serrée à la taille par un ceinturon à champ de force. Une simple pression sur la boucle enveloppait son possesseur d’une bulle infranchissable. Dans son métier, on n’était jamais trop prudent. 
  
- Allan ! Qu’est ce que tu as encore fait ! 
  
- Regarde, il pleurait dans la rue, je ne pouvais pas… 
  
Un pan de la couverture glissa et découvrit le visage de l’être. 
  
- Aaaah ! Quelle horreur, qu’est ce que tu vas en faire ? 
  
- C’est à toi de me le dire, moi, les bébés, je n’y connais rien, c’est plus de la compétence d’une femme. 
- Mais enfin, réfléchis, personne ne connaît rien aux étrangers, lui répliqua Astrée. 
  
- Qu’est ce que ça mange, qu’est ce que ça boit ? 
  
Allan déposa la frêle créature sur son lit, elle ne pleurait plus, elle dormait paisiblement comme si elle avait compris qu’à présent elle était en sécurité. 
  
- Mais enfin Astrée, fais quelque chose ! 
  
Avec fureur, les mains sur les hanches, la jeune femme se campa brusquement devant lui. 
  
- Faire quelque chose ! Faire quelque chose ! QUOI, gros malin ? 
  
Je ne connais aucun médecin qui soigne les ressortissants des exoplanètes de Kepler 11. Il faut des années pour pouvoir soigner les humanoïdes, alors, pour les étrangers… 
  
Allan n’écoutait plus ce qu’elle disait, il se tourna vers le lit et contempla la créature, certes elle n’était pas humaine mais elle avait quelque chose d’attendrissant, de fragile qui vous prenait à la gorge. 
  
- Tu t’es encore fourré dans de sales draps, Allan, tiens, ce soir j’ai michetonné pour 200 Crédits, je n’en ai pas un besoin immédiat, si tu les veux. 
  
Personne au monde n’aurait pu dire quelle était la nature des sentiments qu’elle éprouvait pour lui. 
Il secoua la tête, un triste sourire au coin des lèvres. 
  
- Merci Astrée, mais je ne suis pas sûr de pouvoir te rembourser une somme pareille. 
  
- Qu’as-tu mangé aujourd’hui, demanda-t-elle ? 
  
- Six cocktails et deux whiskies. 
  
- Andouille ! Soupira-t-elle, il faut que je retourne travailler mais ma proposition tient toujours. 
  
Allan la regarda s’éloigner, fasciné par sa démarche féline et son fessier qui décrivait des courbes très amples d’une sensualité débordante. 
  
Resté seul il contempla sa chambre, sa médiocrité… Il se dirigea vers la fenêtre, la ville, comme toutes les villes coloniales de la galaxie était noire, sale, triste…Lugubre. 
Au loin, vers le cosmoport, des cargos et des vaisseaux spatiaux décollaient en direction de destinations peut-être plus souriantes. 
  
Que pouvait-il faire ? Il se retourna. 
La chose était toujours là, sur le lit, mais ses yeux grands ouverts le fixaient. 
  
- Pousse-toi, lui dit-il en se laissant tomber sur la couche. 
  
Allan s’endormit d’une masse, en chien de fusil, tournant le dos à l’extra-kepler. 
  
* * * * * * * * 
  
Son visiophone de poignet vibra, il s’alluma soudain et le visage d’Astrée apparut : 
  
- Arrache toi, il est 11 heures, hier tu étais encore… disons, fatigué. 
  
- Garde tes sermons je te prie, qu’est ce que tu me veux ? 
  
Allan consulta son chronoboussole spatial (un cadeau de sa mère lorsqu’il avait obtenu son Certificat de Prospecteur-Navigant), effectivement, il était bien 11 heures stellaire. 
Il se leva difficilement, une douleur musculaire dans le dos le courbait en deux. 
Il absorba un comprimé de Spasmos contre le mal d’apesanteur, il avait constaté que ça marchait aussi pour la gueule de bois. 
  
- Et ton invité ? Demanda Astrée. 
  
- Quel invité ? 
  
- Par les cornes d’Alpha Tauri ! J’allais oublier mon aventure de la veille au soir. 
  
Il se précipita vers son lit. La vieille couverture était toujours là mais… vide ! 
Où était donc passée cette maudite engeance ? 
L’être avait disparu. 
  
- Astrée, il n’est plus là, s’écria-t-il ! 
  
- Bonne nouvelle, c’est le mieux qu’il puisse t’arriver, rejoins moi à l’Estrella Tapas-Bar, c’est moi qui régale mais passe d’abord à la douche, hier tu puais comme un bouc des prairies de la Grande Désolation. Et frotte aussi derrière les oreilles, crut-elle bon d’ajouter avec un sourire taquin qui s’estompa dans le fondu mosaïque du visiophone. 
  
Allan fouilla la pièce, se pencha sous le lit… toujours rien. Il fallait se rendre à l’évidence, l’être était bien parti par ses propres moyens. 
Qu’il aille se faire pendre ailleurs, pensa-t-il en se dirigeant vers la salle de bain, une douche revitalisante aux ultrasons lui ferait le plus grand bien et décontracterait ses muscles noués. 
  
En sortant de la cabine il alluma les miroirs circulaires de la salle de bain. 
C’est alors qu’il poussa un horrible cri d’épouvante. 
  
Aaaaah ! Seigneur ! Bredouilla-t-il en découvrant l’état de ses dorsaux. 
Les mains exsangues crispées sur le lavabo, les yeux exorbités, il ne pouvait détacher son regard des miroirs qui réfléchissaient son dos. 
  
La chose était là ! 
  
Ses tentacules implantées de chaque côté de la colonne vertébrale, elle avait pénétré les chairs d’Allan pour se fixer solidement, durablement, diaboliquement sur son corps... 
  
Vampirisé ! Il était littéralement vampirisé. 
  
* * * * * * * * 
  
A l’Estrella Tapas-Bar Astrée était seule à sa table, elle dégustait une tortilla képlérienne aux œufs de planants avec une bière de maïs synthétique quand Allan fit irruption. 
  
Il avait le visage décomposé, pâle, l’estomac noué, son caban d’officier navigant lui faisait une bosse dans le dos. Agité de tremblements, ses mots se bousculaient en contant son histoire. 
Puis il se tut, vidé… 
  
C’est alors qu’Astrée se leva et dans un élan de grande affection, elle alla se blottir dans ses bras en sanglotant, puis, cette femme de décision reprit rapidement le dessus. 
  
- Mon Dieu ! C’est une histoire terrible qui t’arrive là, il faut contacter Le Doc, il s’aura peut-être quoi faire. 
  
Elle pensa : Le Doc est en fait un abominable charlatan-guérisseur qui remet les articulations en place et pratique des avortements sans la moindre précaution, je n’ai aucune confiance en lui. 
  
Bouche bée, Allan se laissa choir sur une chaise auto ergonomique… Il venait de capter la pensée de son amie aussi clairement que si elle avait articulé une phrase. 
Il n’eut pas le temps d’approfondir ce qui lui arrivait, car à cet instant un serveur à l’air renfrogné s’était approché de la table. 
  
- Qu’est ce que ce sera pour Monsieur ? Puis il pensa : 
Je leur demande de payer à la livraison des plats, pas d’ardoise pour des oiseaux pareils. 
  
A nouveau cette pensée fut interceptée par Allan. 
  
- La même chose que Madame, répondit-il, mais qui vous a demandé du crédit ? 
  
Le garçon se pétrifia puis brusquement, sans un mot, il tourna les talons et se dirigea vers les cuisines. 
  
Allan était médusé, il venait à nouveau de faire le constat qu’il avait acquis l’incroyable capacité de lire les pensées de ses interlocuteurs, comment était-il devenu télépathe ? 
  
Son visiophone vibra, un visage masculin apparu, l’homme était connu d’Allan, c’était le fondé de pouvoir de la Galactic Wilde Company pour laquelle il avait déjà fait deux ou trois petits boulots un peu délicats. 
  
- Bonjour Allan, en consultant le livre de la capitainerie du terminal N° 3 j’ai constaté que vous étiez actuellement disponible. Il se trouve que nous avons besoin d’un prospecteur-navigant, heu… comment dire… compréhensif, c’est ça… compréhensif, et ce, dans les plus brefs délais. 
  
Cette société était connue pour avoir des méthodes pour le moins marginales mais Allan n’était pas en capacité de refuser un job quel qu’il soit. 
  
- Je suis libre de tout engagement en effet, en quoi consiste la mission ? 
  
- Nous avons découvert un gisement d’apatite de Kracol sur Alpha Centauri, il convient de commencer son exploitation avant l’arrivée de nos concurrents afin de s’en assurer le total monopole. 
Sous réserve de l’agrément du commandant de bord, vous aurez carte blanche pour composer votre équipe, il va sans dire qu’en cas d’acceptation, une ligne de crédit vous sera ouverte. 
Alpha Centauri étant à 120 années lumière de votre point d’attache, il sera nécessaire de vous faire séjourner un mois en capsule d’hibernation. Ce mois, 3 000 Crédits Intergalactiques, vous seront versés dès votre accord. 
  
Allan sonda l’homme à l’aide de son nouveau pouvoir, l’offre était sérieuse, il valida la proposition et coupa la communication. 
  
- Astrée, la chance va-t-elle enfin me sourire ? Dit-il en engloutissant ses tortillas. 
  
Les yeux embués, la jeune femme qui avait suivi la conversation, secoua la tête. 
  
- Tu vas voyager en hibernation ce qui représente bien des années réelles sur Kepler, c'est-à-dire que si tu reviens me voir, je serai devenue une très vieille femme et toi tu n’auras pas vieilli d’autant. 
  
Allan ne l’écoutait plus, il était plongé dans ses pensées, il devait éradiquer « la chose » qui le parasitait, sélectionner ses futurs collaborateurs, allez rechercher ses armes (fulgurant, compensateur de gravité, paralysant thermique) qu’il avait laissé au Mont-de-piété contre 3 Crédits six sous et faire son sac de navigant. 
  
Il était déjà dans la rue lorsqu’il entendit un appel derrière lui. 
  
- Allan !... Je viens avec toi ! S’écria-t-elle. 
  
Il fit quelques pas en arrière et la prit dans ses bras. 
  
- Voyons, Astrée, sois raisonnable la mission est dangereuse, nous allons devoir affronter des peuplades inconnues, vivre jours et nuits en scaphandre, Alpha Centauri n’est pas une planète accueillante. 
Que cherches-tu, l’aventure, la fortune ? 
  
- Rompre avec l’existence que je mène sur cette planète de misère. Toi et moi courons après les mêmes chimères, tu as besoin de moi comme moi de toi. 
Il l’attira contre lui et l’embrassa passionnément. 
  
- Merci Astrée, tu es la première embauchée, dit-il avec tendresse. 
  
Puis, main dans la main, ils se dirigèrent vers le cosmoport terminal N° 3 pour prendre contact avec le Commandant du vaisseau de la Galactic Wilde Company. 

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sunny


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MessagePosté le: Mar 28 Aoû - 10:27 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

zaza a écrit:
Ah, Merde ! Manquait plus que ça.
 C'est que d'habitude les vampires, c'est seulement dans les pays terriens de l'Est de L'europe.
Où va-t-on si ils sont exportés dans l'espace. Il va falloir planter de l'ail, beaucoup d'ail.



Very Happy De l'ail et des messes !
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MessagePosté le: Mar 28 Aoû - 10:29 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Liv a écrit:
   Plus qu'une intégration réussie , je dirais incrustation .
 Attendons de voir si elle est réussie ou avortée . Very Happy


Que devient la chose… intégrée… Idea y’a plus qu’à… la désintégrer. Very Happy
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MessagePosté le: Mar 28 Aoû - 10:30 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Hum, mon cher Nobody, j’aime bien la tournure que prennent les événements…

Mission impossible… vous le saurez en lisant la suite des aventures d’Allan le missionnaire... bientôt en vente dans toutes les bonnes librairies.

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MessagePosté le: Mar 28 Aoû - 11:33 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant


   " les tortillas aux oeufs de planants " sentent bon le rêve de voyages planétaires . Okay
 
   Allan , fort de son pouvoir de télépathe va pouvoir naviguer sans dictionnaire linguistique et sans télé ou visiophone .
  C'est un gros avantage pour voyager léger .

  Et le deuxième embauché ? C'est le sac à dos tentaculaire ?


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MessagePosté le: Mar 28 Aoû - 11:49 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Sunny,
Vous aimez la tournure de l'histoire ?
Hum... Mon petit doigt me dit que vous allez apprécier la suite.


Oui Liv,
Tu as compris que les planants sont des oiseaux de Kepler 11 un peu comme les sternes de Bretagne mais de la taille d'une autruche.


Quant au sac à dos tentaculaire, c'est un passager clandestin.
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zaza


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MessagePosté le: Mar 28 Aoû - 17:18 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant


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MessagePosté le: Mar 28 Aoû - 21:16 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

ALLAN de KEPLER 11 
  
Une main ferme et musclée avait attrapé Allan par le col de sa vareuse de marin et l’avait jeté hors de la taverne de « L’Ange Déchu ». Le patron n’avait pas apprécié que son client, après avoir consommé six cocktails de sulfate et deux whiskies à la menthe de Bételgeuse, lui ait déclaré n’avoir plus un seul Crédit Intergalactique en poche. 
En titubant, Allan avait pris le chemin de son meublé, il traversa le square de « L’entente cosmique » et se laissa choir sur un banc pour reprendre ses esprits. 
Sa situation financière était déplorable, voilà bien trois jours qu’il n’avait pas fait un repas digne de ce nom. 
Le chômage sévissait dans toute la constellation du Cygne, les cosmoports n’embauchaient plus les vieux loups de l’espace comme lui. 
Un poligarde qui patrouillait l’interpella. 
  
-Hé, vous ! Qu’est ce que vous foutez là ? 
  
- Je me repose. 
  
- Et bien vous êtes reposé, alors dégagez ! 
  
C’est à une centaine de mètres de chez lui qu’Allan entendit pleurer entre les conteneurs-poubelles. 
Des sanglots sans larmes, des sanglots de chagrin, de solitude. 
Il s’arrêta intrigué, ses yeux d’ivrogne fouillaient l’obscurité, les pleurs avaient cessé puis ils reprirent. 
C’était… C’était comme une plainte de désespoir. 
Ce n’est pas mes oignons, pensa-t-il en reprenant son chemin. 
Il n’avait pas fait 10 mètres qu’il revenait sur ses pas. 
Il se faufila entre les conteneurs et son pied heurta un paquet à terre. 
Il se pencha et regarda sa découverte. 
C’était une vieille couverture qui gémissait à vous fendre le cœur. 
D’une main Allan souleva le léger paquet et de l’autre alluma son luciobriquet. 
Mon Dieu ! 
La couverture avait un visage, un tout petit visage… 
Il éteignit brusquement son luciobriquet et se recroquevilla contre une poubelle. 
A présent il tremblait, le souffle coupé, tenant le paquet contre sa poitrine, comme si… Comme si c’était un bébé. 
  
Puis il se mit à courir, l’être serré entre ses bras, monta les escaliers quatre à quatre, entra chez lui d’un coup de pied dans la porte, il avait perdu le code-clef depuis longtemps et de toute façon, il n’y avait rien à voler à son domicile. 
  
Il souleva délicatement un coin de l’étoffe entourant la créature pour ne pas l’effrayer. 
Par tous les démons des sept galaxies ! 
Il recula d’un pas le souffle coupé. 
Quelle horreur, c’était bien un… Comment dire… Un étranger. 
  
L’être le fixait de ses yeux ternes et globuleux, son petit visage ridé et son teint grisâtre n’augurait pas d’une excellente santé. 
Ses tentacules, flasques, sans force, pendaient lamentablement. 
  
Astrée ! 
Oui, il n’y avait qu’elle, Astrée, une femme d’expérience, pour le sortir de ce pétrin, il se saisit de son visiophone et lui laissa un message angoissé. 
Si elle n’était pas encore au lit, ivre morte avec un client, elle viendrait, c’était certain. 
Voilà trente minutes stellaires qu’Allan arpentait la pièce de long en large, maudissant le sort et son initiative malheureuse, quand Astrée fit irruption dans la pièce. 
  
C’était encore une très jolie femme, grande et mince, les cheveux auburn, ses traits réguliers étaient fortement marqués par les nuits sans sommeil et les désillusions de la vie avaient fini par délaver ses grands yeux turquoise. 
Elle était vêtue d’une courte tunique de cuir noir serrée à la taille par un ceinturon à champ de force. Une simple pression sur la boucle enveloppait son possesseur d’une bulle infranchissable. Dans son métier, on n’était jamais trop prudent. 
  
- Allan ! Qu’est ce que tu as encore fait ! 
  
- Regarde, il pleurait dans la rue, je ne pouvais pas… 
  
Un pan de la couverture glissa et découvrit le visage de l’être. 
  
- Aaaah ! Quelle horreur, qu’est ce que tu vas en faire ? 
  
- C’est à toi de me le dire, moi, les bébés, je n’y connais rien, c’est plus de la compétence d’une femme. 
- Mais enfin, réfléchis, personne ne connaît rien aux étrangers, lui répliqua Astrée. 
  
- Qu’est ce que ça mange, qu’est ce que ça boit ? 
  
Allan déposa la frêle créature sur son lit, elle ne pleurait plus, elle dormait paisiblement comme si elle avait compris qu’à présent elle était en sécurité. 
  
- Mais enfin Astrée, fais quelque chose ! 
  
Avec fureur, les mains sur les hanches, la jeune femme se campa brusquement devant lui. 
  
- Faire quelque chose ! Faire quelque chose ! QUOI, gros malin ? 
  
Je ne connais aucun médecin qui soigne les ressortissants des exoplanètes de Kepler 11. Il faut des années pour pouvoir soigner les humanoïdes, alors, pour les étrangers… 
  
Allan n’écoutait plus ce qu’elle disait, il se tourna vers le lit et contempla la créature, certes elle n’était pas humaine mais elle avait quelque chose d’attendrissant, de fragile qui vous prenait à la gorge. 
  
- Tu t’es encore fourré dans de sales draps, Allan, tiens, ce soir j’ai michetonné pour 200 Crédits, je n’en ai pas un besoin immédiat, si tu les veux. 
  
Personne au monde n’aurait pu dire quelle était la nature des sentiments qu’elle éprouvait pour lui. 
Il secoua la tête, un triste sourire au coin des lèvres. 
  
- Merci Astrée, mais je ne suis pas sûr de pouvoir te rembourser une somme pareille. 
  
- Qu’as-tu mangé aujourd’hui, demanda-t-elle ? 
  
- Six cocktails et deux whiskies. 
  
- Andouille ! Soupira-t-elle, il faut que je retourne travailler mais ma proposition tient toujours. 
  
Allan la regarda s’éloigner, fasciné par sa démarche féline et son fessier qui décrivait des courbes très amples d’une sensualité débordante. 
  
Resté seul il contempla sa chambre, sa médiocrité… Il se dirigea vers la fenêtre, la ville, comme toutes les villes coloniales de la galaxie était noire, sale, triste…Lugubre. 
Au loin, vers le cosmoport, des cargos et des vaisseaux spatiaux décollaient en direction de destinations peut-être plus souriantes. 
  
Que pouvait-il faire ? Il se retourna. 
La chose était toujours là, sur le lit, mais ses yeux grands ouverts le fixaient. 
  
- Pousse-toi, lui dit-il en se laissant tomber sur la couche. 
  
Allan s’endormit d’une masse, en chien de fusil, tournant le dos à l’extra-kepler. 
  
* * * * * * * * 
  
Son visiophone de poignet vibra, il s’alluma soudain et le visage d’Astrée apparut : 
  
- Arrache toi, il est 11 heures, hier tu étais encore… disons, fatigué. 
  
- Garde tes sermons je te prie, qu’est ce que tu me veux ? 
  
Allan consulta son chronoboussole spatial (un cadeau de sa mère lorsqu’il avait obtenu son Certificat de Prospecteur-Navigant), effectivement, il était bien 11 heures stellaire. 
Il se leva difficilement, une douleur musculaire dans le dos le courbait en deux. 
Il absorba un comprimé de Spasmos contre le mal d’apesanteur, il avait constaté que ça marchait aussi pour la gueule de bois. 
  
- Et ton invité ? Demanda Astrée. 
  
- Quel invité ? 
  
- Par les cornes d’Alpha Tauri ! J’allais oublier mon aventure de la veille au soir. 
  
Il se précipita vers son lit. La vieille couverture était toujours là mais… vide ! 
Où était donc passée cette maudite engeance ? 
L’être avait disparu. 
  
- Astrée, il n’est plus là, s’écria-t-il ! 
  
- Bonne nouvelle, c’est le mieux qu’il puisse t’arriver, rejoins moi à l’Estrella Tapas-Bar, c’est moi qui régale mais passe d’abord à la douche, hier tu puais comme un bouc des prairies de la Grande Désolation. Et frotte aussi derrière les oreilles, crut-elle bon d’ajouter avec un sourire taquin qui s’estompa dans le fondu mosaïque du visiophone. 
  
Allan fouilla la pièce, se pencha sous le lit… toujours rien. Il fallait se rendre à l’évidence, l’être était bien parti par ses propres moyens. 
Qu’il aille se faire pendre ailleurs, pensa-t-il en se dirigeant vers la salle de bain, une douche revitalisante aux ultrasons lui ferait le plus grand bien et décontracterait ses muscles noués. 
  
En sortant de la cabine il alluma les miroirs circulaires de la salle de bain. 
C’est alors qu’il poussa un horrible cri d’épouvante. 
  
Aaaaah ! Seigneur ! Bredouilla-t-il en découvrant l’état de ses dorsaux. 
Les mains exsangues crispées sur le lavabo, les yeux exorbités, il ne pouvait détacher son regard des miroirs qui réfléchissaient son dos. 
  
La chose était là ! 
  
Ses tentacules implantées de chaque côté de la colonne vertébrale, elle avait pénétré les chairs d’Allan pour se fixer solidement, durablement, diaboliquement sur son corps... 
  
Vampirisé ! Il était littéralement vampirisé. 
  
* * * * * * * * 
  
A l’Estrella Tapas-Bar Astrée était seule à sa table, elle dégustait une tortilla képlérienne aux œufs de planants avec une bière de maïs synthétique quand Allan fit irruption. 
  
Il avait le visage décomposé, pâle, l’estomac noué, son caban d’officier navigant lui faisait une bosse dans le dos. Agité de tremblements, ses mots se bousculaient en contant son histoire. 
Puis il se tut, vidé… 
  
C’est alors qu’Astrée se leva et dans un élan de grande affection, elle alla se blottir dans ses bras en sanglotant, puis, cette femme de décision reprit rapidement le dessus. 
  
- Mon Dieu ! C’est une histoire terrible qui t’arrive là, il faut contacter Le Doc, il s’aura peut-être quoi faire. 
  
Elle pensa : Le Doc est en fait un abominable charlatan-guérisseur qui remet les articulations en place et pratique des avortements sans la moindre précaution, je n’ai aucune confiance en lui. 
  
Bouche bée, Allan se laissa choir sur une chaise auto ergonomique… Il venait de capter la pensée de son amie aussi clairement que si elle avait articulé une phrase. 
Il n’eut pas le temps d’approfondir ce qui lui arrivait, car à cet instant un serveur à l’air renfrogné s’était approché de la table. 
  
- Qu’est ce que ce sera pour Monsieur ? Puis il pensa : 
Je leur demande de payer à la livraison des plats, pas d’ardoise pour des oiseaux pareils. 
  
A nouveau cette pensée fut interceptée par Allan. 
  
- La même chose que Madame, répondit-il, mais qui vous a demandé du crédit ? 
  
Le garçon se pétrifia puis brusquement, sans un mot, il tourna les talons et se dirigea vers les cuisines. 
  
Allan était médusé, il venait à nouveau de faire le constat qu’il avait acquis l’incroyable capacité de lire les pensées de ses interlocuteurs, comment était-il devenu télépathe ? 
  
Son visiophone vibra, un visage masculin apparu, l’homme était connu d’Allan, c’était le fondé de pouvoir de la Galactic Wilde Company pour laquelle il avait déjà fait deux ou trois petits boulots un peu délicats. 
  
- Bonjour Allan, en consultant le livre de la capitainerie du terminal N° 3 j’ai constaté que vous étiez actuellement disponible. Il se trouve que nous avons besoin d’un prospecteur-navigant, heu… comment dire… compréhensif, c’est ça… compréhensif, et ce, dans les plus brefs délais. 
  
Cette société était connue pour avoir des méthodes pour le moins marginales mais Allan n’était pas en capacité de refuser un job quel qu’il soit. 
  
- Je suis libre de tout engagement en effet, en quoi consiste la mission ? 
  
- Nous avons découvert un gisement d’apatite de Kracol sur Alpha Centauri, il convient de commencer son exploitation avant l’arrivée de nos concurrents afin de s’en assurer le total monopole. 
Sous réserve de l’agrément du commandant de bord, vous aurez carte blanche pour composer votre équipe, il va sans dire qu’en cas d’acceptation, une ligne de crédit vous sera ouverte. 
Alpha Centauri étant à 120 années lumière de votre point d’attache, il sera nécessaire de vous faire séjourner un mois en capsule d’hibernation. Ce mois, 3 000 Crédits Intergalactiques, vous seront versés dès votre accord. 
  
Allan sonda l’homme à l’aide de son nouveau pouvoir, l’offre était sérieuse, il valida la proposition et coupa la communication. 
  
- Astrée, la chance va-t-elle enfin me sourire ? Dit-il en engloutissant ses tortillas. 
  
Les yeux embués, la jeune femme qui avait suivi la conversation, secoua la tête. 
  
- Tu vas voyager en hibernation ce qui représente bien des années réelles sur Kepler, c'est-à-dire que si tu reviens me voir, je serai devenue une très vieille femme et toi tu n’auras pas vieilli d’autant. 
  
Allan ne l’écoutait plus, il était plongé dans ses pensées, il devait éradiquer « la chose » qui le parasitait, sélectionner ses futurs collaborateurs, allez rechercher ses armes (fulgurant, compensateur de gravité, paralysant thermique) qu’il avait laissé au Mont-de-piété contre 3 Crédits six sous et faire son sac de navigant. 
  
Il était déjà dans la rue lorsqu’il entendit un appel derrière lui. 
  
- Allan !... Je viens avec toi ! S’écria-t-elle. 
  
Il fit quelques pas en arrière et la prit dans ses bras. 
  
- Voyons, Astrée, sois raisonnable la mission est dangereuse, nous allons devoir affronter des peuplades inconnues, vivre jours et nuits en scaphandre, Alpha Centauri n’est pas une planète accueillante. 
Que cherches-tu, l’aventure, la fortune ? 
  
- Rompre avec l’existence que je mène sur cette planète de misère. Toi et moi courons après les mêmes chimères, tu as besoin de moi comme moi de toi. 
Il l’attira contre lui et l’embrassa passionnément. 
  
- Merci Astrée, tu es la première embauchée, dit-il avec tendresse. 
  
Puis, main dans la main, ils se dirigèrent vers le cosmoport terminal N°3 pour prendre contact avec le Commandant du vaisseau de la Galactic Wilde Company. 
  
* * * * * * * * 
  
- Houa ! Mais où diable avez-vous trouvé cette… cette chose ? 
  
A califourchon sur une chaise, Allan, torse nu était penché en avant alors que Le Doc, de ses petits yeux porcins, observait l’être incrusté dans ses chairs. 
  
- Incroyable ! J’en avais entendu parler et voilà que j’en ai un, là… juste sous mon nez… Drôle de petite créature, murmura-t-il en la détaillant avec une loupe échographique du siècle dernier. 
  
Puis il se dirigea vers un placard, l’ouvrit et se saisit d’une bouteille de whisky de synthèse. Au passage il récupéra deux verres dans le tas de vaisselle sale qui stagnait dans l’évier. 
  
- Quelle chance vous avez mon garçon, ça s’arrose. Dit-il en s’affalant dans un fauteuil enveloppant complètement défoncé. 
  
- Doc, vous et moi sommes amis, n’est ce pas ? 
  
- On peut dire ça comme ça, répliqua-t-il avec un sourire complice. Il remplit les verres. C’est exactement le remède qu’il fallait à Allan pour chasser le nœud qu’il avait dans la gorge. Il avala le premier verre d’un trait. 
  
- Alors je veux savoir la vérité… toute la vérité. Quelle est cette chose qui me taraude et comment m’en débarrasser au plus tôt ? 
  
Le rire gras du Doc résonna dans la pièce, l’immeuble et peut-être même jusqu’au cosmoport. 
  
- S’en débarrasser ? Vous n’y pensez pas, mon garçon ! Il s’agit probablement d’un grylle. Il est parfaitement implanté en vous, vous avez fusionné, il est votre cœur, votre cerveau, le retirer vous serait fatal. 
  
- Mais enfin, il doit y avoir un moyen ? Il avait bien un autre corps avant moi, ce… ce grylle ? 
  
Au deuxième verre d’alcool, Le Doc devenait encore un peu plus volubile. 
  
- Selon une légende, mais est-ce bien une légende ? Les grylles seraient des créatures vivant dans la jungle de pierre de Sirius B. 
Vous êtes-vous déjà demandé d’où les siriusiens tiraient toutes leurs performances, leurs dons de médiums clairvoyants ? Non bien sûr. Et bien parce qu’une fois adulte, chaque siriusien adopte un grylle qu’il garde à vie. La mort de l’un entraîne automatiquement la mort de l’autre. 
N’avez-vous rien remarqué depuis que vous avez syncrétisé avec ce grylle ? 
  
- Rien de bien particulier, mentit Allan en secouant la tête. Cependant, à plusieurs reprises, il avait eu l’impression que l’être cherchait à communiquer avec lui. 
  
- Si je vous suis bien toubib, un siriusien aurait perdu son grylle et c’est moi qui l’aurais retrouvé ? 
  
-Probable, mon garçon, mais pourquoi et comment ? Mystère. 
  
Il était clair qu’Allan ne tirerait rien de plus du Doc, il en profita pour lui acheter des certificats médicaux d’aptitude à la navigation en hyper-espace pour lui et Astrée. 
En effet, contre 10 ou 20 Crédits, il délivrait des certificats sans le moindre examen ni même sans rencontrer les patients. 
A quoi bon perdre son temps en formalités administratives affirma-il en empochant les billets. Puis il pensa : A lui, je vais lui tirer 50 crédits supplémentaires, pour mes faux-frais. 
  
Allan sourit, il avait une nouvelle fois perçu le message télépathique. 
Il sortit du cabinet médical non sans avoir déposé 3 billets de 50 crédits sous le cul de la bouteille de whisky. Depuis l’avance sur frais de la Galactic Wilde Company, il était plein aux as. 

_________________
Comment t’appelles-tu ? Je me nomme Personne.
Et bien Personne, je vais te faire un cadeau ; je te mangerai le dernier.


Dernière édition par Nobody le Mer 29 Aoû - 07:49 (2012); édité 1 fois
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zaza


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MessagePosté le: Mar 28 Aoû - 21:40 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Je me doutais bien qu'il y avait un grylle. Manque plus que les sardines sataniques.
_________________
Celui qui déplace la montagne, c'est celui qui commence à déplacer les petites pierres.


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sunny


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MessagePosté le: Mer 29 Aoû - 09:58 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Humm, elle me plait de plus en plus cette nouvelle…
Ainsi Allan est grillé… oui mais avec grylle monsieur ou grylle madame… Rolling Eyes, certainement avec un , autrement ce serait une grylle... de mots croisés. Embarassed. Il est même en bonne compagnie, le duo idéal pour la *Galactic Wilde Company* du même nom.

_________________
Une journée sans sou-rire est comme un ciel sans soleil. Tout pour le rire sans pour autant rire de tout.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:09 (2016)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA

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