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LES DAMNÉS DE TERRA
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sunny


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MessagePosté le: Ven 24 Aoû - 11:40 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Hum, elle me plaît beaucoup cette nouvelle galactique… située dans la voie lactée elle se boit comme du petit lait mais néanmoins me laisse sur ma faim. Sad
Reste à imaginer une suite… Idea le vieux loup imbibé de compassion donner le bib au bb keplerien ! Very Happy
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Une journée sans sou-rire est comme un ciel sans soleil. Tout pour le rire sans pour autant rire de tout.


Dernière édition par sunny le Sam 25 Aoû - 10:01 (2012); édité 1 fois
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MessagePosté le: Ven 24 Aoû - 11:40 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Filochard


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MessagePosté le: Ven 24 Aoû - 12:11 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Sunny,
Si tu te moques de lui, il ne donnera pas la suite, je le connais, susceptible comme un pou.   
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Seule la goutte de citron a le pouvoir de réveiller l’huître.


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Liv


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MessagePosté le: Ven 24 Aoû - 21:35 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

    Allan va-t-il se reconvertir en nounou ?
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MessagePosté le: Sam 25 Aoû - 09:40 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS de KEPLER 11 Répondre en citant


Chapitre premier 
  
  
  
Une main ferme et musclée avait attrapé Allan par le col de sa vareuse de marin et l’avait violemment jeté hors de la taverne de « L’Ange Déchu ». Le patron n’avait pas apprécié que son client, après avoir consommé six cocktails de sulfate et deux whiskies à la menthe de Bételgeuse, lui ait déclaré n’avoir plus un seul Crédit Intergalactique en poche. 
En titubant, Allan avait pris le chemin de son meublé, il traversa le square de « L’entente cosmique » et se laissa choir sur un banc pour reprendre ses esprits. 
Sa situation financière était déplorable, voilà bien trois jours qu’il n’avait pas fait un repas digne de ce nom. 
Le chômage sévissait dans toute la constellation du Cygne, les cosmoports n’embauchaient plus les vieux loups de l’espace comme lui. 
Un poligarde qui patrouillait l’interpella. 
  
- Hé, vous ! Qu’est ce que vous foutez là ? 
- Je me repose. 
- Et bien vous êtes reposé, alors dégagez ! 
  
C’est à une centaine de d’équamètres de chez lui qu’Allan entendit pleurer entre les conteneurs-poubelles. 
Des sanglots sans larmes, des sanglots de chagrin, de solitude. 
Il s’arrêta intrigué, ses yeux d’ivrogne fouillaient l’obscurité, les pleurs avaient cessé puis ils reprirent. 
C’était… C’était comme une plainte de désespoir. 
Ce n’est pas mes oignons, pensa-t-il en reprenant son chemin. 
Il n’avait pas fait 10 équamètres qu’il revenait sur ses pas. 
Il se faufila entre les conteneurs et son pied heurta un paquet à terre. 
Il se pencha et regarda sa découverte. 
C’était un vieux sac d’emballage qui gémissait à vous fendre l’âme. 
D’une main Allan souleva le léger paquet et de l’autre alluma son luciobriquet. 
Mon Dieu ! 
Le sac avait un visage, un tout petit visage… 
Il éteignit brusquement son luciobriquet et se recroquevilla contre une poubelle. 
A présent il tremblait, le souffle coupé, tenant le paquet contre sa poitrine, comme si… Comme si c’était un bébé. 
  
Puis il se mit à courir, l’être serré entre ses bras, monta les escaliers quatre à quatre, entra chez lui d’un coup de pied dans la porte, il avait perdu le code-clef depuis longtemps et de toute façon, il n’y avait rien à voler à son domicile. 
  
Il souleva délicatement un coin de l’emballage qui entourait la créature pour ne pas l’effrayer. 
Par tous les démons des sept galaxies ! 
Il recula d’un pas le souffle coupé. 
Quelle horreur, c’était bien un… Comment dire… Un étranger. 
  
L’être, gros comme une orange vénusienne le fixait de ses yeux ternes et globuleux, son petit visage ridé et son teint grisâtre n’augurait pas d’une excellente santé. 
Ses tentacules, flasques, sans force, pendaient lamentablement. 
  
Astrée ! 
Oui, il n’y avait qu’elle, Astrée, une femme d’expérience, pour le sortir de ce pétrin, il se saisit de son visiophone et lui laissa un message angoissé. 
Si elle n’était pas encore au lit, ivre morte avec un client, elle viendrait, c’était certain. 
Voilà trente minutes stellaires qu’Allan arpentait la pièce de long en large, maudissant le sort et son initiative malheureuse, quand Astrée fit irruption dans la pièce. 
  
C’était encore une très jolie femme, grande et mince, les cheveux auburn, ses traits réguliers étaient fortement marqués par les nuits sans sommeil et les désillusions de la vie avaient fini par délaver ses grands yeux turquoise. 
Elle était vêtue d’une courte tunique de cuir noir serrée à la taille par un ceinturon à champ de force. Une simple pression sur la boucle enveloppait son possesseur d’une bulle infranchissable. Dans son métier, on n’était jamais trop prudent. 
  
- Allan ! Qu’est ce que tu as encore fait ! 
- Regarde, il pleurait dans la rue, je ne pouvais pas… 
  
Un pan de la couverture glissa et découvrit le visage de l’être. 
  
- Aaaah ! Quelle horreur, qu’est ce que tu vas en faire ? 
- C’est à toi de me le dire, moi, les bébés, je n’y connais rien, c’est plus de la compétence d’une femme. 
- Mais enfin, réfléchis, personne ne connaît rien aux étrangers, lui répliqua Astrée. 
- Qu’est ce que ça mange, qu’est ce que ça boit ? 
  
Allan déposa la frêle créature sur son lit, elle ne pleurait plus, elle dormait paisiblement comme si elle avait compris qu’à présent elle était en sécurité. 
  
- Mais enfin Astrée, fais quelque chose ! 
  
Avec fureur, les mains sur les hanches, la jeune femme se campa brusquement devant lui. 
- Faire quelque chose ! Faire quelque chose ! QUOI, gros malin ? 
  
Je ne connais aucun médecin qui soigne les ressortissants des exoplanètes de Kepler 11. Il faut des années pour pouvoir soigner les humanoïdes, alors, pour les étrangers… 
Allan n’écoutait plus ce qu’elle disait, il se tourna vers le lit et contempla la créature, certes elle n’était pas humaine mais elle avait quelque chose d’attendrissant, de fragile qui vous prenait à la gorge. 
  
- Tu t’es encore fourré dans de sales draps, Allan, tiens, ce soir j’ai michetonné pour 200 Crédits, je n’en ai pas un besoin immédiat, si tu les veux. 
Personne au monde n’aurait pu dire quelle était la nature des sentiments qu’elle éprouvait pour lui. Il secoua la tête, un triste sourire au coin des lèvres. 
  
- Merci Astrée, mais je ne suis pas sûr de pouvoir te rembourser une somme pareille. 
- Qu’as-tu mangé aujourd’hui, demanda-t-elle ? 
- Six cocktails et deux whiskies. 
- Andouille ! Soupira-t-elle, il faut que je retourne travailler mais ma proposition tient toujours. 
  
Allan la regarda s’éloigner, fasciné par sa démarche féline et son fessier qui décrivait des courbes très amples d’une sensualité débordante. 
  
Resté seul il contempla sa chambre, sa médiocrité… Il se dirigea vers la fenêtre, la ville, comme toutes les villes coloniales de la galaxie était noire, sale, triste…Lugubre. 
Au loin, vers le cosmoport, des cargos et des vaisseaux spatiaux décollaient en rugissant, des jets de flammes sortant de leurs tuyères, ils s’élançaient en direction de destinations peut-être plus souriantes. 
Que pouvait-il faire ? Il se retourna. 
La chose était toujours là, sur le lit, mais ses yeux grands ouverts le fixaient. 
  
- Pousse-toi, lui dit-il en se laissant tomber sur la couche. 
Allan s’était endormi d’une masse, en chien de fusil, tournant le dos à l’extra-keplerien. 
  
* * * * * 
  

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Et bien Personne, je vais te faire un cadeau ; je te mangerai le dernier.


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sunny


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MessagePosté le: Sam 25 Aoû - 10:14 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Very Happy pfff, mais enfin Filo, il fallait lire imbibé de compassion Very Happy, rajustes ton lorgnon et puis je n’ai pas dit de proposer un baby au baby. Mais après tout, peut-être qu’il ne boit pas de lait ce petit. Euh, s’il est breton ajouter ou ne pas ajouter un peu de calva dans le bib, that is the question… mais la question est réglée, il ne l’est pas, alors il ne sert à rien de tirer des plans sur la comète. Very Happy
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MessagePosté le: Sam 25 Aoû - 10:27 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Mon cher Nobody,
Vous m’avez devancé, voici ce que j’allais vous écrire :

Cette nouvelle Allan de kepler a l’heur de plaire, ce serait donc plaisant de lire la suite des événements. Mais serait-ce que vous vous faites prier et que vos ouailles soient là comme des… à attendre du messie l’avènement. Embarassed

A moins que l’auteur ne soit à court d’idées… auquel cas du plaisir de la suite dont il nous prive, faut-il que je l’écrive.



Et bien à présent nous voici fixé sur l’origine du paquet extra… et les mœurs d’Allan, l'ange au coeur tendre.
Et maintenant... il n’y a plus qu’à attendre la suite de cette nouvelle très moderne, où se mélangent divers thèmes d’actualité, sur fond de gris, sur fond de noir.

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Liv


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MessagePosté le: Sam 25 Aoû - 14:19 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

     Du suspense , de l'imagination ...  Okay
 J'ai envie de connaître la suite .

    Le héros va-t-il larguer sa planète et s'envoler dans le vaisseau spatial avec sa trouvaille ? 
   Va-t-il adopter l'enfant ou le confier à l'assistance accueil des exoplanètes ?
   Ce bébé est-il le survivant d'une planète désagrégée ou est-ce l'embryon d'une colonisation naissante ?

   Allan , le marin alcoolique et Astrée , la prostituée , individus marginaux et a priori peu recommandables possèdent des qualités humaines indéniables . 
  Tous deux sont prêts à venir en aide à ceux qui sont dans la détresse .


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MessagePosté le: Sam 25 Aoû - 15:21 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Vous avez bien cerné les personnages, des loosers certes, mais c’est la vie, leur destin...
Chienne de vie tout de même !
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MessagePosté le: Dim 26 Aoû - 15:29 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Il faudrait commencer par savoir d'où il vient, ton extra.
Vient-il d'au delà de la constellation du singe, auquel cas, tu serais en mesure de lui offrir la seul nourriture cosmique appropriée, à savoir quelques stimulis au moyen d'amplis biotiques, ce qui lui permettrait de synchroniser ses nodules d'ézo.
Oublie les biberons qui sont propres à nos planètes vieillissantes.

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MessagePosté le: Dim 26 Aoû - 17:45 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Ah Zaza !
C’est toujours un plaisir que d’avoir affaire à une spécialiste, tu ne t’informerais pas sur le libre auprès d’un légumineux par hasard ?
 
La suite arrive, expurgée des quelques fautes d’orthographe.
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MessagePosté le: Dim 26 Aoû - 18:43 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant


    Zaza , les amplis biotiques enrichis au son ou aux chants de blé ?  Wink


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MessagePosté le: Dim 26 Aoû - 21:16 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

ALLAN de KEPLER 11 
  
Une main ferme et musclée avait attrapé Allan par le col de sa vareuse de marin et l’avait jeté hors de la taverne de « L’Ange Déchu ». Le patron n’avait pas apprécié que son client, après avoir consommé six cocktails de sulfate et deux whiskies à la menthe de Bételgeuse, lui ait déclaré n’avoir plus un seul Crédit Intergalactique en poche. 
En titubant, Allan avait pris le chemin de son meublé, il traversa le square de « L’entente cosmique » et se laissa choir sur un banc pour reprendre ses esprits. 
Sa situation financière était déplorable, voilà bien trois jours qu’il n’avait pas fait un repas digne de ce nom. 
Le chômage sévissait dans toute la constellation du Cygne, les cosmoports n’embauchaient plus les vieux loups de l’espace comme lui. 
Un poligarde qui patrouillait l’interpella. 
  
-Hé, vous ! Qu’est ce que vous foutez là ? 
  
- Je me repose. 
  
- Et bien vous êtes reposé, alors dégagez ! 
  
C’est à une centaine de mètres de chez lui qu’Allan entendit pleurer entre les conteneurs-poubelles. 
Des sanglots sans larmes, des sanglots de chagrin, de solitude. 
Il s’arrêta intrigué, ses yeux d’ivrogne fouillaient l’obscurité, les pleurs avaient cessé puis ils reprirent. 
C’était… C’était comme une plainte de désespoir. 
Ce n’est pas mes oignons, pensa-t-il en reprenant son chemin. 
Il n’avait pas fait 10 mètres qu’il revenait sur ses pas. 
Il se faufila entre les conteneurs et son pied heurta un paquet à terre. 
Il se pencha et regarda sa découverte. 
C’était une vieille couverture qui gémissait à vous fendre le cœur. 
D’une main Allan souleva le léger paquet et de l’autre alluma son luciobriquet. 
Mon Dieu ! 
La couverture avait un visage, un tout petit visage… 
Il éteignit brusquement son luciobriquet et se recroquevilla contre une poubelle. 
A présent il tremblait, le souffle coupé, tenant le paquet contre sa poitrine, comme si… Comme si c’était un bébé. 
  
Puis il se mit à courir, l’être serré entre ses bras, monta les escaliers quatre à quatre, entra chez lui d’un coup de pied dans la porte, il avait perdu le code-clef depuis longtemps et de toute façon, il n’y avait rien à voler à son domicile. 
  
Il souleva délicatement un coin de l’étoffe entourant la créature pour ne pas l’effrayer. 
Par tous les démons des sept galaxies ! 
Il recula d’un pas le souffle coupé. 
Quelle horreur, c’était bien un… Comment dire… Un étranger. 
  
L’être le fixait de ses yeux ternes et globuleux, son petit visage ridé et son teint grisâtre n’augurait pas d’une excellente santé. 
Ses tentacules, flasques, sans force, pendaient lamentablement. 
  
Astrée ! 
Oui, il n’y avait qu’elle, Astrée, une femme d’expérience, pour le sortir de ce pétrin, il se saisit de son visiophone et lui laissa un message angoissé. 
Si elle n’était pas encore au lit, ivre morte avec un client, elle viendrait, c’était certain. 
Voilà trente minutes stellaires qu’Allan arpentait la pièce de long en large, maudissant le sort et son initiative malheureuse, quand Astrée fit irruption dans la pièce. 
  
C’était encore une très jolie femme, grande et mince, les cheveux auburn, ses traits réguliers étaient fortement marqués par les nuits sans sommeil et les désillusions de la vie avaient fini par délaver ses grands yeux turquoise. 
Elle était vêtue d’une courte tunique de cuir noir serrée à la taille par un ceinturon à champ de force. Une simple pression sur la boucle enveloppait son possesseur d’une bulle infranchissable. Dans son métier, on n’était jamais trop prudent. 
  
- Allan ! Qu’est ce que tu as encore fait ! 
  
- Regarde, il pleurait dans la rue, je ne pouvais pas… 
  
Un pan de la couverture glissa et découvrit le visage de l’être. 
  
- Aaaah ! Quelle horreur, qu’est ce que tu vas en faire ? 
  
- C’est à toi de me le dire, moi, les bébés, je n’y connais rien, c’est plus de la compétence d’une femme. 
- Mais enfin, réfléchis, personne ne connaît rien aux étrangers, lui répliqua Astrée. 
  
- Qu’est ce que ça mange, qu’est ce que ça boit ? 
  
Allan déposa la frêle créature sur son lit, elle ne pleurait plus, elle dormait paisiblement comme si elle avait compris qu’à présent elle était en sécurité. 
  
- Mais enfin Astrée, fais quelque chose ! 
  
Avec fureur, les mains sur les hanches, la jeune femme se campa brusquement devant lui. 
  
- Faire quelque chose ! Faire quelque chose ! QUOI, gros malin ? 
  
Je ne connais aucun médecin qui soigne les ressortissants des exoplanètes de Kepler 11. Il faut des années pour pouvoir soigner les humanoïdes, alors, pour les étrangers… 
  
Allan n’écoutait plus ce qu’elle disait, il se tourna vers le lit et contempla la créature, certes elle n’était pas humaine mais elle avait quelque chose d’attendrissant, de fragile qui vous prenait à la gorge. 
  
- Tu t’es encore fourré dans de sales draps, Allan, tiens, ce soir j’ai michetonné pour 200 Crédits, je n’en ai pas un besoin immédiat, si tu les veux.  
Personne au monde n’aurait pu dire quelle était la nature des sentiments qu’elle éprouvait pour lui.
Il secoua la tête, un triste sourire au coin des lèvres.
 
- Merci Astrée, mais je ne suis pas sûr de pouvoir te rembourser une somme pareille.
 
- Qu’as-tu mangé aujourd’hui, demanda-t-elle ?
 
- Six cocktails et deux whiskies.
 
- Andouille ! Soupira-t-elle, il faut que je retourne travailler mais ma proposition tient toujours.
 
Allan la regarda s’éloigner, fasciné par sa démarche féline et son fessier qui décrivait des courbes très amples d’une sensualité débordante. 
  Resté seul il contempla sa chambre, sa médiocrité… Il se dirigea vers la fenêtre, la ville, comme toutes les villes coloniales de la galaxie était noire, sale, triste…Lugubre.
Au loin, vers le cosmoport, des cargos et des vaisseaux spatiaux décollaient en direction de destinations peut-être plus souriantes.
 
Que pouvait-il faire ? Il se retourna.
La chose était toujours là, sur le lit, mais ses yeux grands ouverts le fixaient.
 
- Pousse-toi, lui dit-il en se laissant tomber sur la couche.
 
Allan s’endormit d’une masse, en chien de fusil, tournant le dos à l’extra-kepler.
 
* * * * * * * * 
Son visiophone de poignet vibra, il s’alluma soudain et le visage d’Astrée apparut :  
- Arrache toi, il est 11 heures, hier tu étais encore… disons, fatigué.
 
- Garde tes sermons je te prie, qu’est ce que tu me veux ?
 
Allan consulta son chronoboussole spatial (un cadeau de sa mère lorsqu’il avait obtenu son Certificat de Prospecteur-Navigant), effectivement, il était bien 11 heures stellaire.
Il se leva difficilement, une douleur musculaire dans le dos le courbait en deux.
Il absorba un comprimé de Spasmos contre le mal d’apesanteur, il avait constaté que ça marchait aussi pour la gueule de bois.
 
- Et ton invité ? Demanda Astrée.
 
- Quel invité ?
 
- Par les cornes d’Alpha Tauri ! J’allais oublier mon aventure de la veille au soir.
 
Il se précipita vers son lit. La vieille couverture était toujours là mais… vide !
Où était donc passée cette maudite engeance ?
L’être avait disparu.
 
- Astrée, il n’est plus là, s’écria-t-il !
 
- Bonne nouvelle, c’est le mieux qu’il puisse t’arriver, rejoins moi à l’Estrella Tapas-Bar, c’est moi qui régale mais passe d’abord à la douche, hier tu puais comme un bouc des prairies de la Grande Désolation. Et frotte aussi derrière les oreilles, crut-elle bon d’ajouter avec un sourire taquin qui s’estompa dans le fondu mosaïque du visiophone.
 
Allan fouilla la pièce, se pencha sous le lit… toujours rien. Il fallait se rendre à l’évidence, l’être était bien parti par ses propres moyens.
Qu’il aille se faire pendre ailleurs, pensa-t-il en se dirigeant vers la salle de bain, une douche revitalisante aux ultrasons lui ferait le plus grand bien et décontracterait ses muscles noués.
 
En sortant de la cabine il alluma les miroirs circulaires de la salle de bain.
C’est alors qu’il poussa un horrible cri d’épouvante.
 
Aaaaah ! Seigneur ! Bredouilla-t-il en découvrant l’état de ses dorsaux.
Les mains exsangues crispées sur le lavabo, les yeux exorbités, il ne pouvait détacher son regard des miroirs qui réfléchissaient son dos.
 
La chose était là !
 
Ses tentacules implantées de chaque côté de la colonne vertébrale, elle avait pénétré les chairs d’Allan pour se fixer solidement, durablement, diaboliquement sur son corps...


Vampirisé ! Il était littéralement vampirisé.
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MessagePosté le: Dim 26 Aoû - 21:41 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Ah, Merde ! Manquait plus que ça.
 C'est que d'habitude les vampires, c'est seulement dans les pays terriens de l'Est de L'europe.
Où va-t-on si ils sont exportés dans l'espace. Il va falloir planter de l'ail, beaucoup d'ail.


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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 10:25 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant


    Drôle de crampon , cette chose ! J'en ai la chair de poule !

  Allan va-t-il cacher son problème ou le dévoiler et devenir le pestiféré de la planète ?
 
  Je me demande s'il n'est pas atteint par des visions imaginaires .


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sunny


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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 10:39 (2012)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA Répondre en citant

Des loosers, hum, petit rappel mon cher Nobody : en français bien de chez nous, on dit des perdants… et des gagnants. Very Happy Et oui parfois les héros sont fatigués. Au passage, Allan est bien pourvu en équipement high-tech !

La chute fait froid dans le dos… Vampirisé Mr. Green, on peut dire que le personnage central est habité… chez nous cela s’appelle une intégration réussie. Very Happy

Sans douter un seul instant de l’imagination fertile de l’auteur, je me demande toutefois si : Tout personnage existant ou ayant existé serait pure coïncidence… mais je ne voudrais en aucune façon parasiter son inspiration... par plus de commentaires. Embarassed

Cette nouvelle se boit vraiment comme du petit lait, pour preuve cette suite, je l’ai lue d’une traite Very Happy. Le suspense est à son comble... à suivre donc de près, de très très près !

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:00 (2016)    Sujet du message: LES DAMNÉS DE TERRA

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